200
jours pour faire
enfin bouger la France
Devant
les Français je m'engage sur un calendrier précis
: 200 jours pour faire bouger la France. Au lendemain de
l'élection présidentielle, et sur la base
du rassemblement le plus large et le plus ouvert possible
qui aura permis à l'opposition de l'emporter, il
faudra nommer un gouvernement représentatif de ce
rassemblement, pour préparer et gagner les élections
législatives. Dans cette période intermédiaire,
la France proposera à ses partenaires européens
d'engager un nouveau pacte européen pour la croissance
et l'emploi fondé sur des réformes structurelles,
des baisses d'impôts, l'ouverture des marchés
protégés à la concurrence, une plus
grande flexibilité du marché du travail, et
une plus large part au dialogue social. C'est là
aujourd'hui le projet qui se dessine entre Londres-Rome-Madrid
et bien d'autres pays, avec la volonté désormais
partagée de faire de l'Union européenne la
zone économique la plus dynamique du monde. Je suis
persuadé qu'un tel pacte pourrait être conclu
les 21 et 22 juin prochains lors du Sommet de Séville.
1ère
étape :
100 jours d'action pour le gouvernement
Après
avoir gagné les élections législatives,
s'ouvrira une première étape de 100 jours
d'action pour le gouvernement.Lors d'une session parlementaire
extraordinaire nous adopterons un Collectif budgétaire
et une loi d'habilitation pour entreprendre un certain nombre
de réformes par ordonnances, durant l'été.
Le collectif budgétaire
devra faire face à la fois aux ardoises laissées
par le gouvernement Jospin et à l'insuffisance des
recettes dues à la surestimation délibérée
de la croissance. Cet ajustement budgétaire sera
financé par la vente d'actifs publics (qui, au travers
de diverses modalités comme la titrisation, peuvent
répondre aux critères européens permettant
à ces recettes de venir en diminution du déficit).
Ce collectif budgétaire amorcera la mise en uvre
du plan ORSEC pour la Justice de 2 milliards d'Euros, sur
lequel je me suis engagé. Un appel d'offre sera lancé
pour accélérer la mise en uvre de la
création des établissements spécialisés
pour accueillir les mineurs délinquants.
Dès l'été, une
grande réforme institutionnelle et constitutionnelle
sera mise en chantier. Elle sera soumise à référendum
à l'automne. Cette réforme visera notamment
à inscrire le principe de subsidiarité dans
la Constitution, à donner des pouvoirs et des moyens
nouveaux aux régions, permettre une plus libre organisation
des collectivités locales entres elles. A renforcer
les dispositions de l'article 34 de la Constitution, qui
stipule que la loi doit seulement " fixer les règles
" ou " déterminer les principes fondamentaux
". Ceci permettra d'ouvrir un espace normatif aux régions
et un espace contractuel aux partenaires sociaux. Cette
réforme élargira aussi le champ du référendum
et permettra la saisine directe du Conseil constitutionnel.
J'inviterai les partenaires sociaux
à mettre en place un dispositif permettant l'accès
d'un emploi à chaque jeune, dans le cadre de contrats
formation-emploi ; à s'impliquer plus fortement dans
la formation professionnelle et à offrir un crédit
de formation " deuxième chance " ; à
développer des mécanismes de promotion sociale
dans l'entreprise ; à mieux intégrer le travail
des seniors dans l'entreprise et à organiser un marché
du travail spécifique.
En contre-partie l'Etat s'engagera
à accompagner les propositions des partenaires sociaux
en remettant à plat les structures et les financements
de l'emploi et de la formation. L'été sera
mis également à profit pour engager une première
étape de la réforme de l'Etat par les réexamens
systématiques de ses missions, par l'engagement de
contrats de modernisation en favorisant, chaque fois que
nécessaire, la création d'agences contractuelles
ou la délégation de gestion.Sera également
mis en place un statut d'autonomie des établissements
scolaires, pour ceux qui le souhaitent, et l'élargissement
de la liberté de choix des parents pour l'école
de leurs enfants.
Une commission de recodification
sera nommée avec la mission de dégager un
droit plus simple, plus clair, plus lisible et plus juste
en liaison avec le Parlement et nos grandes institutions.
2ème
étape :
100 jours d'action avec le Parlement
Le
budget 2003 (préparé durant l'été
et présenté le 10 septembre 2002) marquera
l'engagement de la refondation fiscale et sociale.
Intégrer la CSG
dans l'impôt sur le revenu, réduction du nombre
de tranches et baisse des taux.
Réformer la fiscalité
de l'entreprise et de l'épargne, dans
une perspective de compétitivité européenne.
Redéployer la fiscalité
en fonction du développement de la régionalisation.
Créer un revenu minimum d'activité
et un revenu familial garanti permettant, par
une allocation dégressive, de compléter la
feuille de paie jusqu'à un certain seuil en cas de
reprise d'activité.
Favoriser fiscalement l'investissement
dans la création et le développement des entreprises.
Engager l'exonération des droits
de succession à commencer par l'outil
de travail.
Faire voter une loi cadre sur la réforme
des retraites avec un mécanisme fiscal
simple pour favoriser la création de fonds de pension.
Mettre en uvre un programme
choc pour la création d'entreprises, la
pluri- activité, le travail occasionnel, et des mesures
fortes pour le développement des petites et très
petites entreprises.
Elaborer un projet de loi sur la liberté
du travail.
Elaborer
un projet de loi sur la réforme de l'assurance maladie.
Préparer une loi cadre pour
assurer la continuité des services publics essentiels.
Renforcer la société
civile par un projet de loi pour les associations
et les fondations en élargissant la notion d'utilité
publique et les exonérations fiscales dont elles
peuvent bénéficier ; en développant
les moyens de recours judiciaires, des contre pouvoirs des
consommateurs, des usagers, des citoyens et des défenseurs
de l'environnement.
Favoriser l'accession à la
propriété pour tous les Français,
notamment aux occupants des logements sociaux qui les
ont largement payés depuis longtemps par leurs loyers.
Ces
réformes n'épuisent pas, et de loin, le contrat
que j'ai proposé aux Français. Mais ces 200
jours qui vont faire bouger la France, vont apporter une
dynamique de changement forte, irréversible qui va
mettre la France à l'heure des réformes en
Europe et nous permettre de retrouver notre rang. A ceux
qui espèrent enfin un changement fort. A ceux qui
doutent de la politique, parce qu'ils n'ont plus confiance
en tant de promesses si souvent répétées
et si peu tenues, parce qu'on veut leur faire croire qu'à
l'heure de la mondialisation il n'y aurait plus de marge
de manuvre et que nous serions condamnés à
subir, qu'il existerait comme une malédiction française
qui nous rendrait inapte au changement, barricadé
de nostalgie dans une glorieuse exception française.
A tous ceux là, je veux montrer par ce projet, ce
contrat et ces engagements des 200 premiers jours, qu'il
est possible de faire bouger la France et de construire
ensemble une nouvelle France.