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Social :
Les libéraux ont toujours été les défenseurs
d'une certaine protection sociale. L'histoire nous rappelle, là
encore, qu'ils ont été les promoteurs dès l'origine,
et dans un même mouvement, tant des libertés syndicales et
sociales que des libertés économiques. Ce sont eux qui
furent, au siècle dernier, les initiateurs des premières
institutions de protection sociale, qu'il s'agisse des assurances maladies
ou de l'assurance chômage. Fondées sur le principe mutualiste
de la libre association, elles s'inscrivaient dans la droite ligne d'une
philosophie de la liberté et de la responsabilité humaine.
Lorsque sur le même palier cohabitent deux familles, deux familles
semblables, dont l'une travaille dur pour gagner un maigre SMIC, quand
l'autre gagne tout autant sans travailler, il y a désordre social.
Peu importe d'ailleurs l'origine de cette situation : soit que l'on tire
un peu la ficelle des revenus de l'assistance en bricolant au noir, soit
le plus souvent qu'on finisse par baisser les bras devant tant de portes
qui se ferment quand on cherche un emploi. Quand
on enferme des familles entières dans l'assistance, quand on les
laisse perdre espoir et baisser les bras, ce n'est pas de l'argent que
l'on gaspille, ce sont des vies que l'on gâche.
Si je dis cela, c'est pour les enfants qui finissent par perdre tout lien
entre l'argent et le travail, qui s'installent dans une culture de l'assistance.
Je ne veux pas, je n'accepte pas que l'on soit Rmiste de père en
fils. La pauvreté héréditaire, c'est un scandale
social. Ce
que je combats aujourd'hui, c'est que par défaut d'insertion on
laisse des familles entières perdre espoir, baisser les bras et
s'installer dans l'assistance et la dépendance. La situation la plus
inacceptable, la plus dangereuse pour notre société, c'est une situation
où la mobilité sociale est en panne et où le RMI devient héréditaire.
Il s'agit de mettre en place un mécanisme de revenu minimum
garanti par un complément sur la feuille de paie.
Je propose de transformer, chaque fois qu'on le peut, le revenu minimum
d'insertion en activité minimum rémunérée. Chaque
personne, même dans les pires détresses, a une capacité
d'être utile à la société et ce sentiment est
nécessaire à la dignité de sa personne.
La première dignité de la personne, c'est l'estime de soi,
celle que l'on trouve au fond de soi-même ou dans le regard de ses
enfants, lorsqu'on vit de son travail et du sentiment d'être utile.
Etre considéré, c'est autre chose qu'un pion, un laissé
pour compte, un numéro de dossier d'assistance. je
pense à cette phrase de l'historien Michelet : "Tant qu'il
y aura de mes compatriotes qui camperont aux portes de la cité,
sans pouvoir y entrer, cette cité ne sera pas la mienne".
Il faut aujourd'hui inventer, imaginer. On n'a jamais dépensé
autant pour le social et il n'y a jamais eu autant de pauvreté.
Sur la politique du logement par exemple, nous dépensons chaque
année de quoi construire 300.000 logements et les donner gratuitement
à 300.000 familles françaises. Malgré cela, il y
a des gens qui n'ont pas de toit. Cela prouve qu'on dépense mal. La
situation sociale est explosive. On ne peut pas accepter que des enfants
aient faim dans les écoles, que des familles soient aussi mal logées,
que des parents aient peur pour l'avenir de leurs enfants. Il
serait absurde d'opposer progrès économique et progrès
social ; le progrès social n'est pas durable sans prospérité
économique. Je n'entends pas réduire la société
à la seule logique de l'économie marchande. Il convient
de se donner une ambition plus haute : valoriser la personne humaine et
ses richesses intérieures. Il
nous faut aujourd'hui imaginer et construire le contrat social libéral
d'une société moderne qui sache tirer les leçons
de la crise de l'Etat-providence tout en restant fidèle à
l'idéal de justice sociale de notre modèle européen.
Il n'y a pas de progrès social sans progrès économique.
Il n'y a pas de progrès économique sans confiance dans les
libertés économiques. Si
nous voulons sauver nos sécurités sociales, il va falloir
là encore, faire uvre de réforme. Les pires adversaires
de nos acquis sociaux sont aujourd'hui le conservatisme et l'immobilisme. La
"sécu" comme on dit, est chère aux Français
dans les deux sens du terme : ils la trouvent onéreuse, mais ils
la chérissent. On ne veut pas d'une sécu sociale "à
deux vitesses" et pourtant on voit se profiler deux catégories
de Français : ceux qui, par leurs moyens ou leur situation professionnelle
peuvent bénéficier d'une mutuelle complémentaire,
et les autres. ce
n'est pas en mettant un contrôleur derrière chaque médecin,
ou derrière chaque ordonnance que l'on gérera mieux notre
protection sociale, c'est en favorisant à tous les niveaux des
comportements responsables. Le
meilleur contrôle des dépenses sociales n'est pas le contrôle
bureaucratique ; c'est celui de la responsabilité. La responsabilité
de ceux qui assurent et de ceux qui soignent. Il faut que chacun
sache pour quoi il cotise et pour quoi il paie des impôts. La
question n'est pas de savoir quel est le bon pourcentage d'évolution
des dépenses de santé mais de savoir si on donne aux professionnels
de la santé, la possibilité et les moyens de faire une bonne
médecine. La
réussite d'une réforme de l'assurance maladie dépendra
de l'autonomie qu'on donnera aux caisses et tout particulièrement
aux caisses régionales. Devenues autonomes et responsables, les
caisses régionales pourraient alors avoir la liberté de
négocier avec les médecins, les hôpitaux, les cliniques,
les prestations de santé dans les meilleures conditions. je
crois à l'utilité de la concurrence des caisses entre elles,
y compris l'ouverture de la concurrence avec les mutuelles voire les assurances
privées, à condition toutefois que l'on maintienne le système
de solidarité nationale et que l'on se donne les moyens d'interdire
et d'empêcher des risques et la discrimination. Ce que je refuserai
toujours, c'est un système de sécurité sociale à
plusieurs vitesses. je
pense qu'une réforme efficace du système de l'assurance-maladie
passe par davantage de responsabilisation des acteurs et non par une étatisation
qui dilue les responsabilités.
Si l'on refuse le rationnement administratif de la santé et que
soient faites de nouvelles économies sur la santé des Français,
il nous faut construire une économie de la santé c'est-à-dire
une économie d'acteurs responsables avec des règles du jeu
à tous les niveaux, à commencer par les caisses qui favorisent
l'exercice de leur responsabilité. Pourquoi
demander aux médecins de contribuer à boucher le trou de
la Sécurité sociale au nom d'on ne sait trop quelle responsabilité
collective, et ne pas appeler les hommes politiques ou les fonctionnaires
à participer au comblement des déficits budgétaires
ou à payer la facture des nombreux gaspillages de l'argent public
? Une
politique libérale est la seule vraie politique alternative à
la politique du nouveau socialisme d'aujourd'hui parce qu'il ne reste
rien du socialisme que nous combattions dans les années 80. Il
a été enterré avec la chute du mur de Berlin et Tony
Blair. Qui fait encore aujourd'hui l'éloge de la dépense
publique, des nationalisations, du contrôle des prix, de la monnaie,
de la télévision ou de la radio ? Mais si les socialistes
ont changé, ils continuent de prolonger la pensée dominante
du XXème siècle, à savoir une confiance exagérée
dans l'Etat et dans l'action collective.
Certes les socialistes ont changé, ils ont bougé, ils découvrent
40 ans après tout le monde l'économie de marché.
Il vaut mieux apprendre à lire à 50 ans que de rester analphabète
toute sa vie, mais il n'y a pas de quoi crier au miracle. Ils découvrent
l'économie de marché mais je crois qu'ils ne comprennent
toujours pas ce nouveau monde. Et d'ailleurs comment peut-on faire confiance
à ceux qui se sont trompés avec tant de constance depuis
trois décennies, pour éclairer l'avenir. quand
l'histoire s'accélère, nous n'avons ni le droit, ni le temps
de prendre le risque de la timidité. Aux partisans du statu quo,
aux partisans des demi-mesures, des demi-réformes, à ces
vrais conservateurs toujours à la recherche d'un faux alibi, nous
disons : il n'y a pas de plus grand risque que de ne pas prendre de risque.
Soyons déterminé et sans complexes. A
chaque instant les forces nombreuses du statu quo se font entendre, pèsent
sur l'opinion, empêchent les hommes politiques d'aller jusqu'au
bout de leur volonté de réforme en réduisant leur
marge d'action. A leur porte une pancarte "Ne pas déranger".
A leurs revers, un badge "Touche pas à mes privilèges
". Nous leur disons : "Ça suffit ! nous ne sommes pas
décidés à vous laisser davantage bloquer la France".
Le premier devoir de l'Etat, c'est la sécurité. Faire en
sorte que la Loi soit respectée partout en France. La justice veut
que les bons citoyens soient tranquilles et que les mauvais ne le soient
pas.
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