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Laisser faire :
Le "laisser faire", ce n'est pas laisser aller les choses, et
pas davantage se laisser faire par les bureaux qui décident et
dépensent à votre place ! Le "laisser faire" signifie
"laissez-nous agir, libérez-nous des réglementations
tatillonnes des corporations et des manufactures, laissez passer le fruit
de notre travail, laissez faire la concurrence !" S'il
est vrai que la France a fait le tour de toutes les politiques étatiques
possibles, il est vrai aussi qu'on n'y a jamais pratiqué une politique
vraiment libérale. C'est aujourd'hui la voie qu'il faut choisir.
La pensée libérale, avant d'être une pensée
économique, est une pensée philosophique, juridique et politique
de libération de l'homme. Le
libéralisme est le produit d'une quête millénaire
du vrai et du juste fondée sur une conception de l'universalité
humaine. Une
politique libérale c'est une politique qui part d'un principe :
la confiance dans l'individu libre et responsable. L'expérience
nous montre que cette confiance est et reste le principal moteur de la
prospérité et du progrès social. Une
politique libérale est une politique qui favorise le meilleur emploi
des talents et des énergies et qui donne à chacun sa chance
et sa place dans la société. Une
politique libérale est une politique profondément attachée
à la justice, à l'égalité devant la loi et
à l'égalité des chances. Le progrès n'est
acceptable que s'il ne laisse personne au bord du chemin. Une
politique libérale est une politique de citoyens responsables qui
n'attendent pas que l'Etat résolve tous les problèmes à
leur place mais qui lui demande de faire en sorte qu'il les laisse résoudre
les problèmes qu'ils peuvent résoudre mieux que lui. Choisir
la voie libérale, c'est mettre la France à l'heure de l'Europe
et du monde. C'est redonner aux Français des perspectives d'avenir
et d'emplois. C'est donner aux jeunes un autre horizon que celui d'une
société bloquée, d'une montagne de dettes et d'un
ascenseur social en panne. C'est retrouver l'esprit de conquête. La
pensée libérale ne donne pas la priorité à
l'économie. C'est d'abord une philosophie de la liberté
et de la responsabilité personnelle. Ce n'est pas le primat de
l'économie mais le primat du droit et de la justice. Le
libéralisme politique, c'est aussi des règles du jeu, des
institutions modernes pour accompagner cette confiance dans l'homme, dans
sa liberté et sa responsabilité. Il
ne faut pas réduire la pensée libérale à quelques
recettes économiques. C'est une pensée philosophique, juridique,
de confiance dans la personne, dans sa liberté et dans sa responsabilité.
C'est aussi une certaine idée de l'organisation de la démocratie,
à partir de la base et d'une autonomie des collectivités
locales. Le
libéralisme, c'est aussi une certaine idée du droit et de
l'état de droit. Or aujourd'hui, on a trop souvent le sentiment
de vivre dans une société où le droit n'est pas le
même pour tous, où la loi des plus forts l'emporte sur le
droit des plus faibles et des plus modestes.
Il est vrai qu'il n'est pas politiquement correct d'être libéral
en France. Les libéraux dérangent le conformisme de la pensée,
les situations acquises et les privilèges. La liberté
a deux limites : celle du droit, et celle de la morale. C'est ainsi que
le libéralisme considère que la liberté n'est
rien si elle n'est pas accompagnée, voire corrigée, par
une éthique de la responsabilité personnelle. Chacun
a la liberté de poursuivre son propre bonheur, conseillé
par son propre jugement. Tant que l'exercice de cette liberté se
fait dans la sphère privée et ne porte pas atteinte à
autrui, le caractère moral ou immoral de l'exercice de cette liberté
relève de l'éthique privée et non de la philosophie
politique. La
mondialisation des échanges entraîne la dénationalisation
des économies et la perte de pouvoir des Etats. La mondialisation
entraîne la concurrence des Etats et donc la nécessité
de profondes réformes de l'Etat, d'avoir des systèmes publics
législatifs, réglementaires, des services publics compétitifs. Nous
avons beaucoup de lois en France, mais peu de vrai droit. Beaucoup de
lois de circonstances mais trop peu de vraies règles de droit valables
pour tous en toutes circonstances, et qui forcent le respect.
Il s'agit de ramener le droit à l'essentiel, de le débarrasser
de toutes les adjonctions de convenances et d'opportunités qui
le défigurent, de le rendre ainsi lisible, et donc respecté.
En un mot, de retrouver le vrai sens de la notion de justice. Il ne s'agit
donc pas de compiler, mais de refonder le droit dans une procédure
audacieuse de recodification. Lorsque
la machine à créer des emplois se grippe, lorsque l'ascenseur
social est en panne, chacun combat pour sa place, la conquérir
ou la garder. C'est la "lutte des places". Dans une économie
en stagnation, ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres
: la société se divise alors en groupes hostiles qui s'entre-déchirent
au lieu de s'échanger les fruits de leur travail. Confusément,
tout le monde sent bien que l'on ne peut continuer ainsi. Les Français
les plus actifs supportent des charges et des contraintes croissantes
qui découragent l'initiative, l'effort et le risque.
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