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Le
modèle de la jeunesse aujourd'hui, ce n'est plus le bureaucrate
ou le guérillero barbu de mes 20 ans, c'est celui qui prend des
risques ou des initiatives. C'est le chef d'entreprise ou le médecin
sans frontières. L'Etat
Providence, c'est la réponse longtemps donnée au besoin
de justice sociale. Nul plus que moi ne ressent ce besoin. J'ai d'ailleurs
été un de premiers à avoir défendu l'idée
d'un revenu minimum et cela fait longtemps que je mets l'accent sur le
retour de la "question sociale". Dans le même temps, je
constate la crise de l'Etat Providence. Il
existe une autre approche de la justice sociale, une autre conception
du progrès social pour tous, permettant de sortir les hommes de
la pauvreté et de l'exclusion, d'assurer de vraies sécurités
sociales, de libérer la générosité, de maximiser
les chances de chacun dans la vie. Pourquoi
d'abord la justice sociale ? Parce qu'il y a urgence. Il existe une France
profondément meurtrie, une France d'où monte une sourde
protestation. Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui se disent : "cette
société n'est pas faite pour moi ni pour mes enfants".
Ils ont du mal à se faire entendre ceux qui se disent qu'il existe
deux poids et deux mesures, que décidément la loi n'est
plus la même pour tous. Selon que vous serez puissant ou misérable...
nous rappelle un refrain à la mode, venu de l'ancien régime.
L'Etat
n'a plus aujourd'hui les moyens de traiter la délinquance et de
faire respecter la loi pénale. Il faut renforcer
considérablement les moyens de la Justice. Il
faut mettre fin à cette exception française qui place l'Etat
au-dessus des lois. En matière de responsabilité, l'Etat
s'est donné un droit d'exception, un droit administratif, avec
sa juridiction est ses juges. Juges dont personne ne s'interroge d'ailleurs
sur les garanties d'indépendance. La
justice n'est pas une institution comme les autres. C'est un service essentiel,
le recours de la liberté contre l'arbitraire, la protection des
faibles contre les puissants.
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