|
|
Famille : Chaque
fois que nous prendrons un franc de moins dans le budget des familles,
nous ferons un pas dans la bonne direction. Chaque fois que nous laisserons
les familles décider à la place des bureaux ce qui est bon
pour elles, nous ferons un autre pas dans la bonne direction. La
famille est le cadre naturel de la protection de l'enfant et de la continuité
de la vie. Elle est un pôle de stabilité de notre société.
Et l'on ne voit que trop les dégâts de l'éclatement
et de la déstructuration des familles. Mais défendre
la famille, ce n'est pas défendre un modèle unique et obligatoire
: il faut bien aujourd'hui reconnaître qu'il existe pour l'enfant,
différentes formes de familles à côté du mariage,
comme l'union libre, les familles monoparentales ou les familles recomposées
qui justement au nom de l'enfant méritent une égale attention. Il n'y a pas de liberté sans responsabilité, et remarquez comme la langue française fait bien les choses, le pouvoir est un nom masculin, la liberté est un nom féminin. L'engagement des femmes en politique n'est pas seulement le résultat d'une obligation législative. Pour nous libéraux, cet engagement des femmes en politique porte une belle promesse : la promesse de pouvoir changer la société pour plus de liberté et de responsabilité. Je
ne pense pas qu'il soit de bonne politique de fermer toutes perspectives
d'améliorer la situation des fonctionnaires. J'ai dit à
quel point la récompense du travail, du mérite et de l'effort
était, à mes yeux, le moteur du dynamisme d'une société.
Ceci doit être vrai pour les salariés du public comme
pour ceux du privé. L'amélioration
des salaires du privé se fait en fonction de la croissance de l'économie
et de celle de leur entreprise, en fonction de leur productivité.
Or, il existe, on le sait, dans l'administration et les services publics,
de formidables gisements de productivité. Il ne faut donc pas faire
de procès aux fonctionnaires, mais plutôt leur proposer un
projet, devenir les acteurs d'un grand contrat de modernisation de l'Etat
et des services publics. C'est
dans la réorganisation de l'Etat et les gains d'efficacité
qui en résulteront que les fonctionnaires trouveront avantages
et responsabilités. Car une telle transformation de l'Etat peut
non seulement contribuer à améliorer leur situation, mais
encore rendre leurs tâches beaucoup plus intéressantes. je
souhaite offrir un projet aux fonctionnaires, en en faisant des acteurs
de la modernisation de l'Etat et en développant leur intéressement
aux résultats des réformes nécessaires.
Il ne saurait y avoir de grand soir des avantages acquis, car ils résultent
de contrats qu'on ne saurait remettre ne question unilatéralement
et à partir desquels des hommes et des femmes ont fait des projets
de vie. je
me garderai bien d'avoir une approche trop globale de la réduction
des effectifs. Car il est des secteurs dans lesquels il faut davantage
de fonctionnaires, comme la justice et l'enseignement supérieur. Mobiliser les entreprises
dans un devoir national d'insertion et de formation. c'est
toute une jeunesse que l'on a poussée dans une course aux diplômes
effrénée, toute une jeunesse dont les diplômes dévalués
aujourd'hui vont susciter la frustration demain. Et si le Bac ne vaut
plus grand chose, celui qui ne l'a pas vaut moins que rien. Le résultat,
c'est un fossé qui se creuse entre les Français et la politique. Ni
le diplôme, ni l'échec scolaire ne doivent être des
verdicts à vie. L'éducation et la formation doivent se développer
tout au long de la vie. Ceux qui n'ont pas pu réussir un diplôme
quand ils étaient jeunes devraient disposer d'un capital de la
deuxième chance, pour reprendre leurs études ou compléter
leur formation après une première expérience professionnelle. chaque
Français a un nom, une histoire, une personnalité et même
dans les plus sombres détresses une capacité de faire quelque
chose d'utile pour la société, une capacité à
être autre chose qu'un numéro sur les dossiers d'assistance
de l'administration. Il
est normal qu'un enfant qui a été scolarisé et éduqué
en France devienne Français par ce fait même. Et l'idée
d'une manifestation de la volonté même si elle devait se
faire plus tôt est en soi une bonne chose.
je pense d'abord aux Français et à notre communauté de destins. Avoir
fait de grandes choses ensemble, et vouloir en faire encore selon la formule
de Renan. Ce peuple indiscipliné qui sait se réunir et trouver au plus
profond de lui-même aux heures les plus dramatiques de son histoire, la
ressource nécessaire au sursaut. La
France est plus que la simple addition des Français. Malgré
sa prodigieuse diversité, ses multiples contradictions et ses crises
intérieures, la France témoigne d'une unité comme
seule peut en forger une longue histoire collective. Ce seul nom, la France,
éveille tant de sentiments enfouis en chacun de nous. La
France est porteuse d'un destin singulier. Elle ne saurait être
le jouet de la fatalité, cet autre nom de la résignation.
Dans ce nouveau monde qui s'organise, elle ne saurait avoir de petite
ambition. Il ne s'agit pas seulement de redécouvrir les voies qui
permettent de créer des richesses, il ne s'agit pas seulement de
retrouver la croissance, mais encore de lui donner un sens. Le progrès
d'un pays, le progrès humain ne se réduisent pas à
l'addition de quelques chiffres austères où s'entremêlent
ventes d'armes et ventes de livres. Bien des choses qui ne coûtent
rien valent pourtant quelque chose. Oui
je parle au nom de cette France qui ne descend pas dans la rue, qui ne
porte pas de pancarte, qui ne joue pas de son influence dans les coulisses
du pouvoir et qui mérite pourtant d'être entendue, qui mérite
d'être défendue. La
nationalité française est le bien précieux de tous
les Français. La patrie, disait Jaurès, c'est la "propriété
de ceux qui n'ont rien". C'était dire l'attachement des Français
à ce bien commun que représente la nationalité. On
ne peut y toucher qu'avec des mains tremblantes.
|