"Je propose de baisser fortement
les taux d'imposition d'impôt sur le revenu"

Alain Madelin La Provence 8 avril 2002

René Jauffret : Vous proposez que l'Etat se recentre sur ses seules fonctions régaliennes que sont pour vous la sécurité intérieure et extérieure et la justice. Voulez-vous privatiser totalement ou partiellement, la santé, l'éducation... Quelles seront les conséquences de ces privatisations sur l'économie française ?

Alain Madelin : Votre formulation n'est pas tout à fait ce que je souhaite ni ce que je dis. Je pense que nous avons un Etat trop lourd, trop centralisé, trop coûteux par rapport à nos partenaires et que cela constitue des semelles de plomb à l'initiative, à l'innovation, à la créativité. Nous avons un chômage persistant, des millions de Français encore enfermés dans l'assistance et dans la dépendance. Si l'on compare le poids de l'Etat par rapport à nos partenaires, nous avons quatre à cinq points de richesse nationale en plus consacrée au fonctionnement de l'Etat. Je veux recentrer l'Etat sur ses missions essentielles. Je propose ce qui s'appelle le principe de subsidiarité dans la Constitution. Tout ce que les citoyens, les associations, les entreprises ou les collectivités peuvent faire, il faut leur laisser faire. L'Etat ne doit faire que ce qui peut être mieux fait à son niveau. Quand on voit à Barcelone, main dans la main, Jospin et Chirac aller défendre le monopole électrique français et refuser l'ouverture à la concurrence. Ils savent pourtant très bien que ce sont des combats d'arrière-garde. Mais d'un autre côté l'Etat a un rôle fondamental dans l'éducation. Pour les transports c'est l'Europe qui a permis l'installation d'un processus de mise en concurrence. enfin je n'ai jamais proposé la privatisation du système de santé. Je propose des délégations de gestion du service public de la santé avec des caisses régionales autonomes ou des mutuelles ou des assurances responsables au premier franc.

René Jauffret : Comment on pourra rendre plus souple les 35 heures, cet horaire imposé, sans supprimer les allégements de charges dont ont bénéficié les entreprises ?

Alain Madelin : Les 35 heures, c'est une histoire qui m'embarrasse car je pense que c'est une vision totalement archaïque de l'économie. Cette approche hebdomadaire du travail correspond beaucoup plus à l'économie du passé qu'à l'économie nouvelle qui est en train de se construire. L'idée de la durée légale du travail est pour moi une durée qui m'est étrangère. Je suis pour la révolution du temps libéré, du temps choisi. Je veux pouvoir travailler plus ou travailler moins. Au nom de quoi un homme politique peut-il interdire à quelqu'un de travailler plus? C'est important les heures supplémentaires, pour beaucoup de familles, c'est le moyen de payer les traites du pavillon. Je veux rendre aux contrats la définition de la durée du travail. Faire des lois valables pour tous d'un bout à l'autre du territoire mais ensuite faire du sur mesure, c'est l'enjeu de la refondation sociale.

René Jauffret : Dans votre programme, comment pensez-vous pouvoir assurer cet équilibre entre la baisse des rentrées fiscales liée à la baisse de l'impôt et les baisses correspondantes des dépenses de l'Etat.

Alain Madelin : J'ai un triangle magique, la baisse des impôts, la baisse des dépenses publiques et des recettes massives issues des privatisations. Je propose de baisser fortement les taux d'imposition d'impôt sur le revenu. J'intègre la CSG comme première tranche d'impôt sur le revenu proportionnel. Ensuite, je fais un impôt sur le revenu à trois tranches, au maximum à 33%.Je supprime tous les abattements, toutes les exonérations de façon à faire en sorte que vous puissiez avoir une retenue à la source sur la feuille de paie. J'ajoute un revenu familial garanti, c'est-à-dire qu'à partir d'un certain niveau vous payez des impôts en retenue à la source et en dessous, c'est vous qui recevez un peu d'argent. Je propose de supprimer quasiment l'impôt sur les successions et d'abaisser la TVA sur toutes les activités de main d'œuvre. A la fin, est-ce que vous allez payez moins d'impôt? J'espère que non, car j'espère qu'elle créera de la croissance et vous allez payer plus d'impôts parce ce que vous serez plus riches. Par ailleurs, je propose une baisse d'un point des dépenses publiques chaque année. J'ajoute à cela des recettes massives de privatisation. J'ai un ensemble très complet de mesures qui me permettent d'engager une vraie réforme, pas une réformette comme les autres candidats.


Alain Madelin La Provence 9 avril 2002

Imprimer