"Peser au second tour"
Alain Madelin La Provence 8 avril 2002


Henri Dancette: "On dit souvent que vous êtes le candidat du Medef. Le libéralisme se soucie-t-il davantage des structures que des hommes ?

Alain Madelin : Non. Je porte depuis longtemps un projet fondé sur une vraie conception philosophique basée sur la liberté et la responsabilité. Aujourd'hui, le Medef se rapproche des positions que je défends depuis longtemps. Tant mieux. Il n'y a pas de honte à défendre l'entreprise, base de croissance et d'emploi. Je ne défends pas les grandes entreprises, qui généralement n'aiment pas la concurrence. Mais je défends avec passion les PME, les TPE, les entreprises familiales, les commerçants, les professions indépendantes et libérales. Il y en a en France 2,4 millions et autant de chances de créer des emplois pourvu qu'on les enquiquine un peu moins. 15 millions de Français aimeraient créer leur entreprise. Plus de 6 millions ont un projet précis. Ces gens savent qu'ils vont travailler plus de 35 heures et prendre des risques. C'est un choix de vie, de responsabilité.

HD : En 95, vous étiez la "boîte à idées" de Jacques Chirac. En 2002, vous ne vous reconnaissez plus dans sa démarche et certains de votre famille, le maire de Marseille par exemple, soutiennent le candidat président. Etes-vous un solitaire de plus à droite ou incarnez-vous un véritable projet ?

AM : Quand je faisais campagne pour Chirac en 95, mes amis marseillais faisaient campagne pour Balladur. Comme le dit avec humour Jean-Claude Gaudin (avec l'accent marseillais NDLR) "je fais campagne pour Jacques Chirac, mais je me suis toujours trompé!" Tout le monde reconnaît que j'ai plutôt une vision, un projet, des propositions, un calendrier. Mon courant, c'est le grand courant réformateur libéral européen. C'est Blair, Aznar. En 95, un espoir a été déçu. Aujourd'hui, Chirac a choisi de faire une campagne plutôt au centre, ce qui justifie et légitime ma candidature.

HD : Vous ne serez probablement pas au second tour. Comment recoller les morceaux à droite ?

AM : Est-ce que Jacques Chirac peut changer, au moins partiellement, de projet au second tour ? Oui. Dans le passé, il a montré qu'il était capable de changement. Ensuite, celui qui est en tête cherche à rassembler. Enfin, les idées que je défends ne sont pas incompatibles avec les siennes puisque nous défendions les mêmes en 1995. C'est l'utilité de ma candidature. Si vous voulez faire bouger la France sur l'école, le logement, l'économie, les 35 heures, dites-le au premier tour, et alors nous pèserons au second.

Alain Madelin La Provence 8 avril 2002

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