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Le
choix d'une nouvelle France
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Le
choix d’une nouvelle France
Il
reste maintenant 400 jours, 400 jours jusqu’à l’élection présidentielle,
jusqu’au deuxième tour de l’élection présidentielle... Les jeux
ne sont pas faits. Tout est ouvert. Et tout est possible.
Car
il existe, aujourd’hui plus que jamais, nous venons de le constater
dans les urnes des municipales, une France du bon sens, une France
d’en bas, qui n’accepte ni le prêt-à-penser des politiques et des
médias, ni le prêt-à-voter de Monsieur CSA, de Madame IFOP, de Monsieur
BVA ou de Madame SOFRES.
Dans
toutes les élections il y a les favoris des sondages, les favoris
des médias. Et puis il y a le choix des Français. Et l’élection
présidentielle, c’est le grand rendez-vous, celui qui va permettre
de bousculer les jeux combinés d’avance, de faire bouger les lignes
en s’adressant directement aux Français.
Si
chaque élection a un enjeu, pour moi l’enjeu de la prochaine
élection présidentielle est clair : la modernisation de la France.
A
l’aube d’un nouveau monde et d’un nouveau siècle, c’est le rendez-vous
de 2002 qui fixera le cap de la France dans ces années charnières.
Ce rendez-vous ne doit pas être gâché. C’est pour cela que vous
êtes là, et c’est pour cela que je suis là aussi.
Je
suis là pour offrir aux Français le vrai choix réformateur, celui
d’une France moderne, le choix que je porte, vous le savez,
depuis longtemps avec conviction et aussi avec patience.
Bien
sûr, lors de ce rendez-vous, tout le monde cherchera à se parer
de la modernité. Mais il est des habits empruntés qui ne trompent
pas, qui ne tromperont pas les Français ou qui ne les tromperont
plus.
Le
choix réformateur moderne, celui qui place d’abord sa confiance
dans la liberté et la responsabilité des personnes avant de la placer
dans l’Etat, ce choix-là existe partout autour de nous, pour peu
que l’on regarde au-delà de nos frontières. Partout il est proposé
et presque partout choisi. En Angleterre, avec bien sûr les conservateurs
britanniques, mais aujourd’hui encore sous une autre forme avec
Tony Blair. En Belgique, avec mon ami le Premier ministre Guy Verhofstadt.
En Allemagne, avec la nouvelle CDU mais aussi pour une part avec
Gerhard Schröder. En Italie, avec mon ami Berlusconi. En Espagne,
avec le Premier Ministre, le démocrate libéral, José Maria Aznar.
Et
nous resterions, nous, en France, à l’écart de ce mouvement, à l’abri
du monde, bunkerisés dans notre glorieuse exception française, condamnés
à cinq ans de socialisme de plus ? Allons donc ! Je n’en crois rien.
Comment
imaginer que dans 400 jours en France, le choix se réduise à deux
politiques au demeurant si proches, énarques de gauche ou énarques
de droite ? Comment penser que les Français soient condamnés à signer
un nouveau bail au socialisme le plus archaïque d’Europe ou à revenir
vers une droite timorée, aux propositions frileuses, et plus frileuses
même que celles des sociaux-démocrates allemands avec Gerhard Schröder
ou celles des travaillistes britanniques avec Tony Blair ?
Oui,
il y a un nouveau monde et je ne veux pas que la France passe à
l’écart de ce monde-là. C’est pourquoi, dans 400 jours, je porterai
ce choix au premier tour et aussi au deuxième tour de l’élection
présidentielle. Car je suis convaincu que c’est là le choix gagnant.
Deux fois gagnant. Celui qui peut faire réussir l’alternance en
proposant une franche alternative. Celui qui fera réussir la France.
Car
ce n’est pas avec une nouvelle dose de socialisme que l’on pourra
moderniser la France. Si les socialistes sont aujourd’hui incapables
d’apporter de bonnes réponses à l’enjeu de la modernisation de la
France, c’est parce que même s’ils évoluent -Europe oblige-, ce
nouveau monde leur reste étranger. Ils ne le comprennent pas. Ce
n’est pas le leur. Car ce nouveau monde, c’est d’abord celui de
la liberté, pas celui des bureaucraties, ni de l’Etat.
Du
futur candidat Jospin, nous ne connaissons pour l’instant que le
bilan. Il paraît même qu’il y aura un projet. Que Martine Aubry
et Dominique Strauss-Kahn y travaillent. Voilà qui n’est guère rassurant...
Le
bilan, vous le connaissez. Il y a ce que monsieur Jospin a fait,
et il y a ce qu’il n’a pas fait. Ce qu’il a fait, c’est à contre-courant
du monde entier, continuer d’augmenter la dépense publique, recruter
de nouveaux fonctionnaires – 20000 cette année –. Clemenceau disait
déjà « La France est un pays extrêmement fertile. On y sème des
fonctionnaires et on y récolte des impôts ». Côté impôts, les
Français ont été gâtés : 500 milliards en plus. Non seulement on
n’a pas profité de cette croissance pour entreprendre les réformes
nécessaires, mais les fruits de la croissance ont été dilapidés,
avec les 35 heures au détriment de la feuille de paie des Français,
avec des emplois publics en plus, au détriment de la réforme de
l’Etat.
Oui,
à contre-courant on a poursuivi une folle politique de dépense et
d’assistance. Aucune grande réforme n’a été engagée. La réforme
de l’Etat. Rien. Allègre débarqué. Sautter viré. La réforme des
retraites. Rien. La réforme de la santé et de nos hôpitaux. Rien.
La décentralisation et la régionalisation. Rien. Ou presque rien,
si ce n’est un projet de statut que le gouvernement juge bon pour
la Corse mais imprudent d’étendre aux autres régions. Toutes les
grandes réformes ont été esquivées.
Oh,
il restera bien sûr les 35 heures, les emplois-jeunes et leur facture.
Il s’agissait, à en croire Martine Aubry, d’inventer de nouveaux
métiers. Les nouveaux métiers, on ne les a pas vus, mais on commence
à compter les nouveaux fonctionnaires. Quant aux 35 heures, obligatoires
et subventionnées, non décidément non, je ne réussis pas à comprendre
comment l’on peut, contre toute logique économique, ponctionner
un peu plus les uns, ceux qui travaillent le plus, pour leur demander
d’en payer d’autres afin qu’ils travaillent moins. Non, décidément
non, je ne réussis pas à accepter que l’on veuille demain imposer
ce carcan des 35 heures à la petite entreprise, au petit commerçant,
au petit restaurateur, au petit artisan.
Mais
pour moderniser la France, pour proposer une vraie alternative à
la politique socialiste, il faut savoir ranger dans les placards
toute cette panoplie dirigiste interventionniste, faite de contraintes,
d’assistance et de prélèvements, forgée par les idéologies socialistes
au siècle dernier mais portée aussi, il est vrai, par une technocratie
multicarte, tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt au centre.
Alors
si, comme moi, vous voulez une franche alternative, il faudra savoir
tirer un trait sur ces politiques qui nous ont fait tant de mal
: l’appauvrissement de l’épargne, la fuite en avant dans l’endettement,
le refus des moyens à la Justice, l’assouplissement des textes sur
la délinquance des mineurs, l’agriculture dopée aux subventions,
l’étouffement fiscal des petits propriétaires, la construction de
cités ghettos, l’extension de la société d’assistance, l’ouverture
sans contrôle des frontières à l’immigration tout en maintenant
fermées les portes de la société aux jeunes issus de l’immigration,
l’instauration du collège unique, la carte scolaire obligatoire,
l’étatisation de l’assurance maladie…
Ne
demandez pas à ceux qui ont hier conçu, porté, mené ces politiques-là,
de les remettre en cause aujourd’hui et d’en imaginer de nouvelles.
Autant demander à un chat de bien vouloir aboyer.
Car
comme le dit la sagesse populaire pas plus qu’on ne résout les problèmes
en les mettant de côté… et je pense à Jospin, on ne saurait les
résoudre aussi avec ceux qui ont contribué à les créer...
Oui,
je veux permettre à la France de choisir un autre avenir. Au fil
des ans j’ai cherché à donner un visage à cet avenir en dessinant
le contour des réformes nécessaires. Je lui ai donné un nom, la
nouvelle France. Ce choix, je l’ai forgé à l’écoute du temps, à
l’écoute du monde, à l’écoute des Français. Il repose sur deux idées
simples : remettre de l’ordre dans l’Etat, mettre des libertés
dans la société.
Je
voudrais ce soir vous faire partager cette envie d’une nouvelle
France autour de six engagements.
1
- Libérer
l’école
et supprimer la carte scolaire
Parce
qu’il n’y a pas de plus grande priorité que l’éducation aujourd’hui.
Pas de meilleur investissement. Parce que la révolution scolaire
est en marche partout autour de nous. En Angleterre, en Belgique,
en Hollande, en Allemagne, en Italie en Espagne… Partout on libère
l’école. On utilise toutes les ressources des nouvelles technologies
pour de nouvelles pédagogies. On refuse la standardisation, on adapte
l’école au plus près des enfants, et l’on offre la liberté de choix
aux parents.
Non,
notre éducation nationale n’est pas condamnée à l’immobilisme et
au corporatisme. Et je n’accepte pas l’école de l’échec ou l’école
de la violence ; de cette violence qui est d’ailleurs souvent la
conséquence de l’échec scolaire et de la ségrégation. Je veux que
l’on réforme avec audace, que l’on sache fermer un mauvais établissement,
se séparer des mauvais enseignants.
Oui,
en France aussi, le moment est venu de donner aux enseignants, aux
chefs d’établissements – grâce à un vrai statut d’autonomie – les
moyens de faire une meilleure école : une plus grande obligation
de résultats, avec une plus grande liberté des moyens.
Il
faut innover, revoir complètement l’organisation scolaire dans la
journée, dans la semaine, dans l’année. Adapter l’école aux réalités
locales, développer l’enseignement artistique et le sport dans l’école
mais aussi en dehors de l’école grâce à un chèque éducation-artistique
et un chèque éducation-multisport. Offrir aussi à chaque enfant,
pour assurer l’égalité des chances, un capital formation dont il
pourra disposer tout au long de sa vie.
Beaucoup
plus d’enseignants qu’on ne le croit ont envie de se donner à cette
nouvelle école pourvu que l’on sache leur faire confiance, les responsabiliser,
et reconnaître les mérites de ceux qui veulent travailler mieux
ou plus.
Offrir
le projet d’une nouvelle France, c’est d’abord pour moi le projet
d’une nouvelle Ecole.
2
- 12
milliards supplémentaires
pour la Justice et la sécurité
parce
que je refuse que tant de familles vivent dans l’angoisse de voir
leurs enfants agressés et rackettés dans leur école, dans la rue
ou dans l’autobus, parce que j’en ai assez que l’on bombe le torse
et que l’on baisse les bras.
Parce
qu’aujourd’hui à l’insécurité s’ajoute le sentiment d’impunité,
le découragement du policier qui va ce soir arrêter le jeune délinquant
qu’il a déjà arrêté hier soir et qui a été relâché ce matin, narguant
sa victime, transformé ainsi en caïd à l’ascendant grandissant sur
les gamins de son quartier.
Parce
que quand l’insécurité grandit ce sont d’abord les plus faibles
qui sont touchés.
Parce
que c’est la première fonction du Président de la République et
le premier des devoirs de l’Etat que d’assurer la sécurité des personnes
et des biens. Et l’Etat ne fait pas son métier quand le budget de
la nation consacre plus d’argent aux chemins de fer qu’au total
du budget de la Police et de la Justice.
Faute
de moyens, trop de plaintes sont classées sans suite, trop de sanctions
ne sont pas prononcées, trop de peines ne sont pas exécutées. Nos
prisons sont dans une situation inhumaine et dégradante et nous
n’avons pas d’établissements adaptés en nombre suffisant pour faire
face à la délinquance des mineurs.
Les
chiffres parlent d’eux-mêmes. Si en dix ans tous les indicateurs
de la délinquance ont doublé, si dans le même temps le nombre de
personnes incarcérées est resté stable, c’est qu’il est deux fois
moins risqué d’être délinquant aujourd’hui qu’il y a dix ans. Et
quand le risque d’être arrêté, condamné et d’exécuter une peine
à la mesure des faits reprochés diminue, la délinquance augmente.
C’est
pourquoi, s’il est nécessaire de repenser l’organisation de la police,
de donner l’autorité aux maires sur les polices locales, le chemin
de la sécurité publique passe par ce que j’ai appelé un plan ORSEC
pour la Justice : 12 milliards supplémentaires par an pour désembouteiller
nos tribunaux, humaniser nos prisons, créer des établissements adaptés
à la délinquance des mineurs. 12 milliards, certains diront c’est
beaucoup. Mais ce n’est que 10% de la facture des 35 heures. Et
c’est là le prix à payer pour la sécurité des Français.
3
- Simplifier, alléger l’impôt
sur le revenu avec un taux maximum à 33 %
parce
que je crois à la récompense du travail, du mérite et de l’effort,
parce que plus que jamais dans le nouveau monde ce sont les personnes
qui sont le moteur de la croissance et de l’emploi, parce que la
nouvelle croissance a besoin d’une fiscalité de progrès, parce que
la réforme fiscale est depuis longtemps à l’ordre du jour de tous
les pays autour de nous, parce que nous avons le record de la confiscation
fiscale, nous devons baisser nos impôts, tous nos impôts dans une
réforme fiscale d’ensemble. C’est un choix d’efficacité. C’est un
choix de progrès. C’est aussi un choix de société.
C’est
pourquoi je propose notamment d’alléger, de simplifier l’impôt sur
le revenu, d’y intégrer la CSG, de le retenir à la source (directement
sur la feuille de paie), et de fixer le taux maximum à 33 %. 33
%, parce que c’est là aujourd’hui l’objectif fiscal de tous les
pays dynamiques.
A
cette réforme fiscale de base, je veux ajouter la refondation de
notre système de solidarité, la remise en chantier de ce système
d’assistance généralisée conçu au temps de l’Etat providence, de
ce maquis d’aides sociales devenues au fil des ans illisibles, injustes,
et qui enferment tant de familles françaises dans un assistanat
dont elles ne peuvent sortir. Muhammed Yunus disait : « Votre système
d’aide sociale consiste à mettre les pauvres dans une bouteille
et à bien fermer le bouchon pour qu’ils ne s’échappent pas. »
C’est
pourquoi, pour encourager le travail et non le décourager, je propose
d’instaurer un revenu familial minimum garanti, vrai filet de sécurité
pour tous les Français, et qui permette par une allocation dégressive
jusqu’à un certain seuil de compléter la feuille de paie en cas
de reprise d’activité.
Parce
que je crois aussi qu’il est juste de permettre d’épargner et de
transmettre à ses enfants le fruit du travail de toute une vie,
je veux aussi alléger fortement l’impôt sur les successions pour
les petits et moyens patrimoines qui sont ceux de l’immense majorité
des Français.
Mais
ne croyez pas les candidats qui vous diront qu’ils vont baisser
les impôts, s’ils ne vous disent pas d’abord qu’ils veulent baisser
les dépenses publiques et s’ils ne vous expliquent pas comment.
Pour baisser la dépense publique, le moment est venu de s’interdire
constitutionnellement, comme vient de le faire l’Espagne, tout recours
au déficit budgétaire. Pour baisser la dépense publique, il faut
aussi soigner le mal à la racine et réformer l’Etat. Alléger, privatiser,
évaluer l’action publique, simplifier nos lois et nos règlements.
Vous vous en doutez, je ne serai pas avare de propositions sur ce
point.
Mais
s’il n’y a pas de baisse des dépenses publiques sans réforme de
l’Etat, il n’y a pas de réforme de l’Etat qui ne passe par la régionalisation.
4
- Donner un statut de pleine liberté
à l’ensemble des régions françaises
et pas seulement à la Corse
parce
que vous le savez, au nom d’une certaine conception de la personne
et de l’Etat, je refuse depuis longtemps un Etat trop centralisé,
trop lourd, trop coûteux, trop semelle de plomb, inapte au changement,
caparaçonné, paralysant, incapable de suivre le rythme du nouveau
monde.
Il
n’y a pas de réforme plus essentielle que la réforme des institutions
françaises. D’ailleurs, l’Europe, le quinquennat, les nouvelles
régulations économiques, tout nous invite à remettre en cause ce
vieil uniforme jacobin centralisateur qui craque de toutes parts.
Tout nous invite à dessiner les nouvelles institutions de la nouvelle
France.
Ce
que les citoyens, les familles, les associations, les partenaires
sociaux, les collectivités locales peuvent faire par eux-mêmes,
il faut le leur laisser faire. Voilà le fil directeur de ma démarche.
Je
propose de faire des cinq années qui viennent les années de la grande
redistribution des pouvoirs. A la loi de déterminer les règles essentielles
et les principes fondamentaux applicables à tous et en tout point
du territoire. Aux acteurs de la vie économique et sociale, aux
partenaires sociaux, et aux pouvoirs locaux, de définir dans le
cadre de ces lois générales, leurs propres règles du jeu en fonction
des réalités locales, économiques ou professionnelles. C’est pourquoi
j’entends proposer aux Français une réforme constitutionnelle afin
de donner vie à de vrais gouvernements régionaux.
Car
on le voit partout autour de nous, les gouvernements locaux, lorsqu’ils
ont en charge l’éducation, l’environnement, le développement économique,
l’emploi, la santé, l’urbanisme, la culture, l’action sociale, partout
ces gouvernements sont plus proches, plus attentifs, plus économes,
plus efficaces que l’Etat national.
5
- donner
à chaque Français la liberté de choisir l’âge de
sa retraite
et l’accès aux
fonds de pension
comme en bénéficient déjà tous les
fonctionnaires
Cela
fait déjà bien longtemps que je dénonce cette politique de l’autruche
face au désastre programmé de nos retraites. Ce que j’ai appelé
non assistance à retraite en danger. Assez de tergiversations, de
faux alibis, de création de nouvelles commissions pour faire la
synthèse des commissions qui les ont précédées, des rapports qui
aussitôt publiés sont aussitôt rangés au placard.
Si
l’on veut sauver les retraites des Français, il faut offrir à tous
les Français de vrais fonds de pension à l’instar de ceux dont bénéficient
déjà les fonctionnaires – la Préfon – ou pour une part les professions
indépendantes – grâce à la loi que j’avais fait voter en 1994.
Quant
au régime général, je proposerai d’allonger progressivement la durée
de cotisation, comme l’ont fait tous nos partenaires en Europe,
dans un système de retraite par points, à la carte, qui permettra
à chacun de choisir l’âge de sa retraite et en rapprochant, enfin,
dans un souci d’équité le système des pensions du public de celui
des retraites du privé.
6
- Laisser les Français affecter librement
une part de l’impôt sur le revenu ou sur les successions
à l’association ou à la fondation de leur choix.
Il
ne s’agit pas là d’une simple mesure fiscale. La nouvelle France
est pour moi une France qui demande un peu moins à l’Etat et qui
fait un peu plus confiance aux Français.
Tocqueville
disait déjà que « partout où il y a un problème social, on voit
en Angleterre un Lord, on aperçoit aux Etats-Unis une association,
et en France on se tourne vers l’Etat ».
La
nouvelle France que je propose, c’est celle d’une société civile
vivante, faite d’associations et de fondations dynamiques, capables
de prendre le relais de l’Etat, et de prendre en charge avec plus
de cœur, plus de chaleur et d’efficacité, des actions d’intérêt
général pour aider les plus pauvres, pour développer l’action humanitaire,
pour défendre l’environnement, pour encourager l’éducation et la
culture, pour exprimer une passion sportive ou artistique, soutenir
des musées, des orchestres, des hôpitaux, des écoles, des universités.
La
nouvelle France, pour moi, c’est une France à taille humaine, une
France généreuse. Une France qui libère cette générosité qui, avant
d’être dans les lois et dans nos feuilles d’impôt, est dans le coeur
de chacun d’entre nous.
Ce
ne sont pas les Français généreux qui manquent. Bien au contraire.
Mais la vitalité associative de notre pays n’est pas à la dimension
de ce qu’elle est ailleurs autour de nous : deux fois moins qu’en
Allemagne, huit fois moins qu’aux Etats-Unis. Elle est encore trop
sous la dépendance de l’Etat et pas assez à la hauteur de la générosité
des Français.
Aussi
ma proposition est simple, laissons aux Français une part de leur
impôt sur le revenu ou sur les successions pour qu’ils l’affectent
librement aux fondations et aux associations de leur choix.

Voilà
mes chers amis, quelques-uns des traits de cette nouvelle France,
la nouvelle France dont je veux donner envie.
Mais
si je suis là, si je me suis engagé dans cette campagne, croyez-le
bien, ce n’est pas pour figurer ou témoigner, c’est pour donner
vie, demain, à cette nouvelle France.
Je
suis, en effet, convaincu qu’il existe une majorité de Français
qui attend qu’on lui offre ce choix. J’entends déjà tous ceux qui
vont dire que ce choix est sans doute le bon, qu’il serait sûrement
souhaitable pour la France mais que je suis une fois encore en avance
sur l’opinion, que les Français ne sont pas prêts, que toutes les
vérités ne sont pas bonnes à dire.
Il
y a quelques jours, l’éditorialiste Claude Imbert, dont j’apprécie
l’immense talent, écrivait qu’il y avait peu de chance lors des
grandes échéances électorales de 2002 de voir, je le cite, « se
délier les langues de Chirac et de Bayrou pour les faire parler
comme Aznar en Espagne ou Berlusconi en Italie ». Et Claude Imbert
d’ajouter, « Un Madelin ose. Il sème, mais la récolte n’est pas
pour demain ». Aussi je me suis interrogé. Et Claude Imbert a sans
doute partiellement raison : la récolte n’est pas pour demain. Car
demain c’est mardi. Et l’élection présidentielle c’est dans 400
jours.
Et
si vous êtes là, si je suis là, c’est bien avec l’ambition de récolter
ensemble ce que nous allons semer encore tout au long de ces 400
jours qui nous séparent du soir du deuxième tour de l’élection présidentielle.
Ceux
qui pensent que les blocages, les scléroses, les archaïsmes de la
France constituent une sorte de donnée naturelle de notre pays comme
la place des montagnes et des fleuves, ceux-là se trompent.
Si
aujourd’hui beaucoup de Français sont désenchantés par la politique,
c’est parce qu’ils ont été trop souvent mal compris, mal gouvernés.
C’est parfois aussi parce qu’ils ont été trompés.
Non
la France n’est pas bloquée. Il existe une France d’en bas, une
France du bon sens, audacieuse, dynamique, populaire, créative,
prête aux réformes et au changement pourvu qu’on lui parle avec
des mots simples, que l’on fixe les enjeux de façon claire et qu’on
lui donne envie. Que l’on montre que les réformes nécessaires ne
sont pas des punitions mais des chances, et que l’on a tous à y
gagner.
Quand
on demande aux Français :
-
Voulez-vous que les maires partagent avec l’Etat la responsabilité
de la sécurité dans vos quartiers ?
-
Voulez-vous limiter la grève dans les services publics ?
-
Voulez-vous créer des fonds de pension ?
- Voulez-vous réduire le nombre de fonctionnaires ?
- Voulez-vous demander une contrepartie d’activité d’intérêt général
au RMI ?
-
Voulez-vous réduire les dépenses publiques ?
-
Voulez-vous rémunérer les fonctionnaires au mérite ?
- Voulez-vous déléguer la gestion de l’assurance maladie à des
caisses autonomes et offrir un libre choix ?
-
Voulez-vous décentraliser largement la culture, l’environnement,
le développement économique, l’éducation, la santé ?
-
Voulez-vous simplifier le droit du travail dans les PME ?
-
Voulez-vous que les magasins restent ouverts le dimanche ?
-
Voulez-vous sanctionner les mineurs délinquants dès la première
infraction ?
-
Voulez-vous donner l’autonomie à nos collèges et à nos lycées
?
-
Voulez-vous supprimer la carte scolaire ?
A
toutes ces questions, entre 60 et 90 % des Français ont répondu
OUI avec constance chaque fois qu’on les a interrogés. Mais ces
choix simples ne leur ont jamais été proposés clairement dans les
urnes.
Vous
connaissez peut-être cette définition de la politique selon Paul
Valéry : « la politique, c’est l’art d’empêcher les gens de s’occuper
de ce qui les regarde ! ». et bien je veux justement tout le
contraire.
Je
veux que les Français puissent décider eux-mêmes de ce qui les concerne
à la place des technocraties et des bureaucraties. Je veux leur
offrir dans 400 jours le choix qu’une majorité d’entre eux attend.
Voilà
pourquoi je vais porter avec vous le projet de cette nouvelle France,
une France aux couleurs de la vie, une France en liberté, celle
qui promet le meilleur avenir pour nos enfants, la France que vous
aimez, la France que j’aime, notre France, la France que nous allons
construire ensemble.
Discours
prononcé
Salle Wagram
le 2 avril 2001
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