Outre-mer
Un formidable atout pour la France

Lors de sa visite à la Réunion, à Mayotte et aux Comores en février 2001, Alain Madelin s'est prononcé
contre la bi-départementalisation, plaidant pour "la liberté d'organisation des collectivités". Il
a rappelé qu'il souhaite que "le débat de 2002 ne soit pas uniquement métropolitain mais qu'il prenne en compte la diversité de la France que représente l'outre-mer".
Au cours de ce déplacement, Alain Madelin s'est rendu à Anjouan, dans l'archipel des Comores, pour une visite exceptionnelle à caractère humanitaire, soulignant qu'il ne peut y avoir de "développement durable sans démocratie".

Contre la bi-départementalisation

Plaidoyer pour la démocratie à Anjouan

Madelin à la rencontre des libéraux de l'Océan Indien, Le Figaro


Contre la bi-départementalisation

La réforme de la bi-départementalisation divise droite et gauche sur l'île.

"Au moment où la Réunion a besoin de multiplier ses entreprises, on lui propose de multiplier ses départements. Au moment où la France entière a besoin de repenser complètement son organisation institutionnelle, beaucoup trop centralisée, cette modification serait une formidable marche en arrière", a affirmé Alain Madelin. Le patron local de l'UDF Jean-Paul Virapoullé et l'ancienne ministre RPR Margie Sudre l'ont d'ailleurs remercié de son soutien contre la réforme.

L'organisation administrative de la France et la nécessité d'une "très forte décentralisation" ont aussi été les thèmes de son intervention à Mayotte. Se félicitant du choix des Mahorais d'un statut de "collectivité départementale" qui "prouve leur attachement à la France",

il a cependant attiré leur attention sur l'inévitable évolution de l'organisation territoriale et plaidé pour "la liberté d'organisation des collectivités locales".

Plaidoyer pour la démocratie à Anjouan

La visite d'Alain Madelin à Anjouan, l'île sécessionniste des Comores, est exceptionnelle pour un responsable politique français. Elle avait un caractère humanitaire car l'île est en proie à de graves difficultés sanitaires à la suite d'un embargo décrété par l'Organisation de l'unité africaine.

Son déplacement intervenant au lendemain de la signature du projet d'accord de réconciliation entre les trois îles de l'archipel (Grande Comore, Anjouan et Mohéli), il a pris un tour plus politique. Et dans cette île où il n'y a plus de représentation démocratique à la suite de la dissolution de l'Assemblée en 2000, il a affirmé qu'"il ne peut y avoir de prospérité et de paix durable sans démocratie". Il a aussi profité d'une visite à la prison de Koki pour apporter son soutien à trois anciens députés, partisans d'un rattachement à la France, qui y sont enfermés depuis le 5 février.

L'accord entre la Grande Comore, Anjouan et Mohéli, fruit de longues négociations, a pour but de mettre un terme à la crise séparatiste et institutionnelle provoquée par la déclaration unilatérale d'indépendance d'Anjouan en 1997 et par le coup d'Etat qui a mené au pouvoir le colonel Azali Assoumani à Moroni en avril 1999.

Alain Madelin juge, à propos de cet accord, qu'"il faut placer ses espoirs dans un processus démocratique qui permettra aux Comores de vivre ensemble et aussi d'avoir des élections permettant de désigner des pouvoirs légitimes d'ici décembre[...].

Puisque l'accord est signé et qu'il y a une possibilité de paix civile retrouvée, je souhaite qu'il puisse y avoir une expression libre et démocratique du peuple anjouanais et que ses représentants puissent être libres et s'exprimer librement. Car il ne saurait y avoir d'avenir à Anjouan en dehors de la démocratie et de la liberté".

Alain Madelin a notamment visité l'hôpital de Mutsamudu, en proie à de graves difficultés d'approvisionnement en matériel et en médicaments en raison de l'embargo décrété sur Anjouan suite à la crise, où il a remis 150 kg de médicaments. Il a estimé que "le moment était venu pour la France de "mettre le paquet" pour essayer de soulager la misère de la population". "Je crois que l'accord va permettre de débloquer le mouvement humanitaire que je souhaite au profit d'Anjouan", a-t-il dit.

M. Madelin a également rencontré des opposants à la prison de Koki, où il a discuté avec trois anciens députés, partisans d'un rattachement à la France, et accusés d'avoir voulu empêcher une visite de l'ambassadeur de France en mettant du sable et des cailloux sur le piste de l'aéroport le 5 février 2001.