Les rencontres économiques pour l'Afrique, un projet commun Wade - Madelin C'est avec Alain Madelin, qu'Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, a annoncé la tenue, à Dakar, en septembre prochain, de leur projet commun : " Les rencontres économiques pour l'Afrique " réunissant hommes d'affaires, responsables politiques, savants et intellectuels. " Ce sera le Davos de l'Afrique ", a lancé le président sénégalais, faisant allusion au Forum économique mondial, destiné à repenser le développement du continent africain. Ce forum réunira "300 hommes d'affaires du monde développé, francophone et anglophone" et permettra de "discuter directement avec les investisseurs". Le Président Wade a en effet affirmé qu'il fallait "faire de l'Afrique un continent qui attire les investisseurs". En janvier dernier, précisément au forum de Davos, M. Wade avait présenté son "plan Oméga" pour le développement de l'Afrique, qui constatait l'échec des méthodes appliquées jusqu'à présent et préconisait l'augmentation des investissements sur le continent plutôt que l'octroi exclusif d'une aide financière aggravant le cercle vicieux de l'endettement. "Je crois au développement de l'Afrique" Selon M. Wade, Alain Madelin a des "idées très novatrices, des idées originales sur le secteur informel" africain, sur le "potentiel des ressources humaines non utilisées", sur la nécessité d'exploiter "la créativité" des Africains pour sortir le continent du marasme. Pour Alain Madelin, "les dernières décennies ont été celles de la production de masse pour une consommation de masse. Celles qui commencent marquent une "tendance à la déstandardisation". Dans cette époque-là, "l'Afrique a toutes ses chances". A condition que le monde développé lui donne un coup de pouce, notamment en ouvrant ses marchés aux produits africains. Les questions posées aux "rencontres internationales de Dakar" devraient donc être : "quel partenariat entre l'Afrique et le reste du monde ? Quel type de développement ? Comment attirer des capitaux, tirer parti de cette économie populaire ?", a poursuivi M. Madelin. Les intellectuels présents parleront aussi de la mondialisation, de la "fracture technologique". Il s'agira de "réflexions économiques sur la nouvelle Afrique", a-t-il précisé. "Je crois au développement de l'Afrique au travers de la démocratie et de la libéralisation économique", avait auparavant déclaré M. Madelin, en appelant aussi de ses vux une "nouvelle politique de relations franco-africaines". Il faut tirer un trait sur la "Françafrique", qui "livrait des armes aux dictateurs", a-t-il dit. "La nouvelle Afrique, elle, attend qu'on lui apporte des médicaments, de l'éducation...". Pour le reste, a-t-il espéré, les Africains "sont capables de relever le défi". A la rencontre des Sénégalais Arrivé jeudi soir à Dakar, Alain Madelin a visité samedi matin plusieurs ateliers, projets et réalisations de l'organisation Enda-Tiers Monde, championne de "l'économie populaire" basée sur la "récup" et la "débrouille" des Africains : bidons transformés en barbecues, liens de colis tressés en sacs ou fauteuils, boîtes à soda recyclées en attachés-cases, calebasses devenues lampes, etc.
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