Ratification
du Traité de Nice:
"Un oui de responsabilité"
Monsieur le Premier
ministre, Messieurs les ministres, Mes chers collègues,
Nous
dirons "oui" à la ratification du Traité de Nice. C'est un "oui"
à la réunification de l'Europe dont ce Traité ouvre la voie. C'est
un "oui" de responsabilité, celui du PPE au niveau européen. Mais
c'est aussi un "oui" sans enthousiasme car Nice constitue, après
Amsterdam, une nouvelle source de déception, hélas sous présidence
française.
Quel était
l'enjeu du sommet de Nice ?
Il
y a un peu plus d'un an à cette même tribune je disais que ce
rendez-vous devait être le coup d'envoi de l'Europe de tous les
Européens. Car
la grande Europe, l'Europe réunifiée, l'Europe de tous les Européens,
c'est l'exaltante perspective que nous offre l'histoire depuis
la chute du Mur de Berlin. Exaltante, car avec la
grande Europe, l'Europe ne change pas seulement de dimension,
elle change aussi de nature. Oh bien sûr, il ne s'agit
pas de réinventer l'Europe. La construction européenne est un
parcours historique unique, inédit, un acquis fabuleux. Les 6
puis les 12 ont réussi à créer, avec l'abolition progressive de
leurs frontières internes, une zone de paix et de liberté unique
dans l'histoire, inédite dans le reste du monde, la plus belle
réponse aux horreurs de la première et de la seconde guerres mondiales.
La grande Europe ce n'est pas seulement la perspective d'une addition
d'Etats ou d'une addition de consommateurs, c'est avant tout la
perspective d'être nous-mêmes, de nous retrouver nous-mêmes, nous
les européens, porteurs d'une idée, d'un point de vue sur le monde,
d'une certaine façon de vivre, de cette conception de l'homme
que nous avons forgée au cours des siècles dans le creuset européen
et que nous avons su donner au monde. C'est pourquoi avant d'être pensé en terme économique, l'élargissement
de l'Europe doit d'abord être pensé en termes historiques, politiques
et culturels.
Priorité
donc à l'élargissement de l'union européenne à l'Est. C'est la tâche principale
qui doit mobiliser nos énergies dans les prochaines années.
Nous avons déjà
à mes yeux perdu beaucoup de temps vis-à-vis des peuples que nous
avions abandonnés à la soviétisation au lendemain de la deuxième
guerre mondiale, qui, après des années de souffrance sous un régime
communiste se sont libérés seuls du système totalitaire qui les
oppressait. En se libérant, ils nous ont libérés. Ils nous ont libérés
de la terrible menace que les forces militaires et nucléaires
de l'union soviétique et du pacte de Varsovie faisaient planer
sur nos démocraties.
Nous devons
reconnaître notre dette et leur dire merci.
Mais
au lieu d'ouvrir grand les portes de l'Europe nous n'avons fait
qu'entrebâiller nos portes, multiplier les obstacles, exiger
de ces pays une transformation draconienne de leurs systèmes politique,
économique et fiscal, qui s'apparentait à une succession de vraies
révolutions intérieures, quitte à reprocher aux nouveaux dirigeants
démocrates des pays de l'Est de faire preuve de trop grande audace
dans les changements. Ils attendaient notre solidarité, il se sont heurtés à notre
égoïsme. Certes, nous savons bien que nous ne ferons pas entrer la grande
Europe dans les institutions de la petite Europe. Nous savons
que les institutions prévues pour un petit nombre de pays qui
ont déjà tant de mal à fonctionner à 15 ne peuvent sans changement
profond fonctionner demain à 27 ou à 30. Nous savons qu'il va nous
falloir définir un nouveau cadre constitutionnel et institutionnel
pour la grande Europe. Mais nous le savons depuis
déjà longtemps, et les nouvelles démocraties de l'Est n'ont pas
à faire les frais de notre impuissance et de nos tergiversations.
Cette
question institutionnelle était déjà la grande question posée
à Amsterdam, une question qui est restée sans réponse. C'était
aussi la grande question restée posée au sommet Nice qui, au terme
d'un petit compromis, nous apporta une petite réponse au travers
des quelques modifications institutionnelles minimum qui nous
permettront d'accueillir une première vague de pays candidats
et de tenir cahin-caha jusqu'à une réforme plus ambitieuse. Je pense, pour ma part,
que le gouvernement a mal mesuré et mal préparé le sommet de Nice.
Vous n'avez
pas su en fixer l'enjeu. A la différence de l'Allemagne dont le
Chancelier Gerhard Schröder avait défini, devant le Bundestag,
un objectif de négociation. Je le cite : "A Nice il s'agit avant
tout d'éliminer du côté de l'Union européenne les derniers obstacles
à l'élargissement".
Un
objectif clair qui lui a permis de revenir devant le Bundestag
en disant : "A Nice nous avons atteint notre objectif stratégique
primordial : l'union européenne a manifesté sa volonté et sa capacité
à accueillir de nouveaux membres". Cette perspective de la
grande Europe, Monsieur le Premier ministre, dans sa déclaration
à l'Assemblée Nationale préalable au sommet de Nice, ne l'a mentionnée
que pour mémoire et, permettez-moi d'ajouter, sans imagination,
sans souffle, dans un laborieux discours où il énumérait
une quinzaine de priorités qui commençaient par l'agenda social
pour aller à la défense de nos services publics, en passant par
le sport, la sécurité des transports et la société de l'information.
La grande Europe
manifestement n'était pas l'objectif de ce gouvernement.
Il
est vrai que cette grande Europe, vous ne l'aimez pas. Vous ne
l'aviez pas imaginée, et vous ne l'avez pas voulue, pas plus bien
entendu que les amis communistes de votre majorité plurielle. Faut-il rappeler Jacques
Delors qui, au lendemain de la chute du Mur de Berlin lançait
un mémorable "je dis non à la réunification", ou encore François
Mitterrand qui affirmait, à Prague, que les nouvelles démocraties
d'Europe de l'Est devraient attendre, je le cite, "des décennies
et des décennies pour rejoindre l'union européenne". Comment peut-on se tromper
à ce point ? Et comment ne pas voir
que la tâche primordiale, celle de toute une nouvelle génération
politique, qui doit nous occuper aujourd'hui, c'est de construire
la grande Europe. Quel décalage pourtant entre tous ces beaux discours plus européens
les uns que les autres, ces conversions subites au fédéralisme
ou à la Constitution européenne -idées que pour notre part nous
défendons depuis longtemps- et une réalité où l'on passe à côté
de ce rendez-vous que nous donne l'histoire !
On parle
fort de la solidarité européenne, mais la réalité c'est l'égoïsme.
Oui à une nouvelle Europe, oui à l'Europe élargie, mais surtout que
rien ne change ! Touche pas à ma politique agricole commune, à mes
services publics, dit la France. Touche pas à mon chèque, dit la
Grande Bretagne. Touche pas à mes fonds structurels, disent
l'Espagne et l'Italie. La Grande Europe, oui, mais pas la libre
circulation, dit l'Allemagne, ou en tout cas plus tard, bien plus
tard. On
dresse des plans sur un futur fédéralisme européen, mais la réalité
c'est le nationalisme le plus têtu. Et je suis d'ailleurs
surpris d'entendre les voix de ceux qui se veulent plus européens
que les autres dresser ce qui constitue selon eux le "bilan
accablant" du Traité de Nice au motif d'apparence très souverainiste
que ce Traité réduit l'influence de la France appelée à perdre un
second commissaire ou à voir son rôle au Conseil des Ministres et au
Parlement européen minorée par rapport à l'Allemagne.
Ce n'est bien entendu qu'en dépassant le nationalisme étroit et
l'égoïsme que l'on trouvera le chemin de l'Europe de demain, celle
de tous les Européens. Ce chemin maintenant c'est
celui de l'après-Nice. Et je voudrais fixer aujourd'hui quelques
jalons.
1. Construire l'Europe de tous les
Européens suppose que l'on définisse préalablement les frontières
de l'Europe.
Car
s'interroger sur les frontières de l'Europe c'est s'interroger
sur ce qu'est vraiment l'Europe. Pour des politiques assez prompts à dénoncer ce qu'on appelle
le "déficit démocratique" de l'Europe, il me semble que le gouvernement
français a été un peu rapide quand, à Helsinki, il a dit "oui
à l'entrée de la Turquie dans l'Europe", sans débat préalable,
sans discussion démocratique, sans consultation des Français.
Une Turquie qui, aussitôt empoché ce "oui" au demeurant assez
timide, a déclaré que ce "oui" témoignait de la vocation de l'Europe
à s'étendre vers le Caucase, l'Asie Centrale, puis le reste de
l'Asie.
Convenez
qu'il y a sur ce point une clarification nécessaire. Une clarification qui,
si elle conduit à dire "non" à l'entrée de la Turquie dans l'union
européenne comme je le propose, doit nous amener à faire dans
le même temps des propositions d'organisation des espaces euro-méditerranéen
et pan-européen.
2. Construire l'Europe de tous les Européens
c'est aussi en définir sa future architecture institutionnelle.
Monsieur
le Premier ministre nous a parlé d'une "fédération d'Etats-Nations"
selon la formule qui fait aujourd'hui florès de Jacques Delors
à Jacques Chirac. Pourquoi pas ? La formule est suffisamment ambiguë
pour que chacun puisse s'y retrouver. On ne peut cependant en
rester là. L'idée fédérale se prête à toutes les ambiguïtés.
Les
libéraux qui sont parmi les plus attachés à une conception authentiquement
fédérale de l'Europe, rejettent toute perspective de super Etat
fédéral centralisé. Comme l'avait très bien déclaré en commun
Jacques Chirac et Helmut Khol : "l'objectif de la politique européenne
n'a jamais été et ne peut être d'édifier un Etat central européen".
Malheureusement, trop souvent nous pensons l'Europe au travers
de schémas traditionnels ; soit on l'imagine comme la France agrandie,
avec un super gouvernement, un super président, un super parlement,
de super lois et de super impôts ; soit on l'imagine en agrandissant
le modèle fédéral allemand, ce qui revient à transformer nos Etats-nations
en Landers ; soit on veut reproduire le modèle américain sur notre
continent au travers de futurs Etats-Unis d'Europe.
Ni Etat-nation
agrandi, ni modèle américain, ni modèle Allemand.
Monsieur
le Premier Ministre a eu raison de rejeter le plan Schröder,
c'est-à-dire le projet d'une Europe à l'Allemande. La construction européenne
est d'une autre nature. Elle constitue, selon une formule célèbre,
"un objet politique non identifié". Si la construction de la
grande Europe est demain une construction fédérale, c'est au sens
que lui donnaient les pères fondateurs de l'idée fédérale au siècle
dernier, c'est-à-dire des institutions garantes de la liberté
des personnes, des entreprises et de la société, contre tout empiétement
excessif de la puissance publique. Des institutions qui n'ont
pas pour but d'effacer les diversités, de fondre toutes les nations
en une même entité, mais de sauvegarder leur qualité propre et
qui entendent, comme le disait l'un des pères de l'idée fédérale
européenne, Denis de Rougemont, "jalousement défendre et maintenir
les diversités qui font le génie de l'Europe."
Le
fédéralisme authentique c'est précisément le contraire de l'Etat
fédéral unitaire. Au lieu de fabriquer l'unité, il organise la
diversité. Au lieu de travailler à l'uniformisation des différences,
il en recherche l'harmonie. Car si les Etats et les
peuples européens ont à l'évidence des objectifs et des politiques
communes, notre Europe, de par ses langues, ses traditions nationales
ou régionales, constitue un ensemble hétérogène riche de ses diversités
qu'on ne saurait assimiler aux Etats-Unis ou à l'Allemagne.
Il n'existe pas de peuple européen comme il peut exister un peuple
américain ou un peuple allemand. Etre Français ou Italiens ce
n'est pas la même chose qu'être Californien ou Texan. "Il ne s'agit pas d'obtenir
une sorte de nation européenne où Latins et Germains, Salves
et Anglo-saxons, Scandinaves et Grecs se verraient soumis aux
mêmes lois et coutumes qui ne pourraient satisfaire aucun de ces
groupes et qui les brimeraient tous. Les diversités européennes
doivent être jalousement défendues et maintenues". Denis de Rougemont
Faire le choix de la grande Europe, c'est opter pour un fédéralisme
très largement décentralisateur. Comme l'a bien vu le Président
Valéry Giscard d'Estaing "le projet intégrationniste de
la petite Europe d'hier ne peut être celui de la grande Europe
d'aujourd'hui". C'est pourquoi -et c'est sans doute la faiblesse de beaucoup
des projets aujourd'hui avancés- on ne saurait courir deux Europe
à la fois. C'est pourquoi, imposer aujourd'hui à la grande Europe un modèle
intégrationniste ne peut conduire qu'à l'échec -et j'avoue que
je me demande parfois si certaines surenchères européennes n'ont
pas pour but inavoué de faire échouer la grande Europe-.
Mais
à l'inverse, la construction de la grande Europe aujourd'hui conduit
à freiner la dynamique d'intégration d'un certain nombre de pays
pour l'essentiel aujourd'hui engagés dans la zone euro. C'est pourquoi je crois
nécessaire de distinguer, d'une part les modalités institutionnelles
que peut trouver la coopération renforcée d'un groupe de pays,
qu'on l'appelle "noyau dur", "centre de gravité" -peu importe-
dans lequel la France a un rôle moteur à jouer, et d'autre part
la tâche historique qui consiste à construire l'Europe de tous
les européens.
Bien
évidemment la construction de cette grande Europe, de cette maison
commune à tous les Européens doit être discutée avec tous ceux
qui ont vocation à l'habiter. Il y aurait quelque insolence à
voir l'Europe des 15 prétendre construire seule aujourd'hui cette
maison commune pour l'imposer demain aux nouveaux copropriétaires
qui attendent à l'Est de l'ancien Mur. C'est pourquoi, j'ai accueilli
avec satisfaction les déclarations du Premier Ministre visant
à associer les pays candidats au débat sur l'avenir de l'Union
européenne.
Mais
il faut aller plus loin et organiser, c'est ma proposition, une
grande Convention réunissant les Institutions européennes, les
Etats membres et les Etats candidats ainsi que des délégations
de leurs parlements respectifs. Quelles que soient les
ambitions des uns et des autres, le dessein qu'ils peuvent former
sur les institutions ultimes de l'Europe, l'après Nice passe par
une délimitation précise des pouvoirs confiés à l'Europe, par
une redéfinition plus fonctionnelle de la Commission et du Conseil
européen et par l'inscription, enfin, de ces modifications essentielles
dans un pacte Constitutionnel fondateur de la nouvelle Europe.
1/
Il nous faut d'abord délimiter et limiter précisément les pouvoirs
dévolus à l'union européenne.
Avant
de s'entendre pour savoir par qui et comment les décisions seront
prises, il est indispensable de définir précisément quelles sont
les décisions qui doivent êtres prises au niveau européen et de
se garantir contre tout débordement. C'est pourquoi il n'est
que temps de clarifier le principe de subsidiarité inscrit dans
le Traité de Maastricht et d'assurer enfin son contrôle, au travers
notamment de la Cour Européenne de Justice, à l'initiative des
Etats, des instances européennes et selon certaines modalités
par les Parlements et les régions des Etats membres qui ont compétences
législatives.
2/
S'agissant de la Commission européenne, la réforme inscrite dans
le Traité de Nice n'est qu'une solution transitoire.
Il nous faudra réformer cette réforme pour assurer à la fois la
fonctionnalité et la défense de l'intérêt général européen par
la Commission et donc l'organiser à partir d'un certain nombre
de fonctions au-delà de la représentation des Etats consacrée
par le Traité de Nice qui peut légitimement être considéré comme
un recul de l'esprit européen. Je
ne suivrai pas sur ce point le Premier Ministre qui vient de proposer
que le président de la Commission soit issu de la formation politique
européenne victorieuse aux élections européennes. La proposition
n'est pas nouvelle. A l'occasion des dernières élections européennes
Jacques Delors proposait déjà que les partis politiques en lice
fassent campagne non seulement pour leur programme mais aussi
pour un candidat à la présidence de la Commission : "on se trouverait
alors, disait-il, dans une situation proche des Etats-Unis où
les citoyens désignent de grands électeurs qui élisent ensuite
le Président".
J'avoue
ne pas comprendre le Premier Ministre qui, d'un côté, refuse à
juste titre le modèle américain qui reviendrait à donner à la
France le statut d'un Etat fédéré, et propose, de l'autre côté,
un système électoral qui aboutirait au résultat qu'il rejette.
Au surplus j'ajoute qu'il n'y a pas de formation politique qui
dispose à elle seule d'une majorité au Parlement européen. Fort
heureusement. Il me paraît extrêmement dangereux de vouloir que
le Président de la commission européenne ait d'abord la confiance
d'un parti avant d'avoir la confiance des pays qui composent l'Union
européenne.
3/
A la réforme de la Commission, s'ajoute la réforme du Conseil
européen.
Monsieur
le Premier Ministre a repris la proposition de la mise en place
d'un Conseil permanent des ministres dont les membres, sortes
de Vices Premiers ministres, coordonneraient les questions européennes
dans leurs propres gouvernements. Fort bien. Mais au-delà, reste posé
le problème que l'on a esquivé à Nice : il faut stabiliser d'urgence
la présidence du Conseil européen pour que l'Europe, et notamment
l'Europe politique, celle de la politique étrangère et de la sécurité
commune, puisse faire entendre plus fortement sa voix dans le
concert des nations. On voit bien l'absurdité à laquelle conduirait
le maintien d'une présidence tournante d'une durée de 6 mois qui,
dans une Europe à 25 ou à 30, n'amènerait la France à exercer
cette présidence que tous les 3 quinquennats !
Je
sais bien la tentation qu'il peut y avoir pour certains de mettre
le Conseil européen et le Conseil des Ministres entre parenthèses,
d'en faire une sorte de deuxième chambre législative. C'est là
une chimère. Et l'assurance de faire capoter la grande Europe
qui en devenant une construction davantage politique, avec des
responsabilités nouvelles sur la scène internationale en matière
de défense et de sécurité, ne saurait se construire sur une telle
mise entre parenthèse des Etats.
Définir
la future architecture institutionnelle de la nouvelle Europe
avec tous les Européens, délimiter strictement les pouvoirs de
l'Europe, réformer la Commission et le Conseil, voilà les bases
du nouveau pacte constitutionnel qu'il nous faut bâtir.
Alors
si aujourd'hui nous disons "oui" au Traité de Nice, ce "oui",
vous l'aurez compris, ne traduit aucun enthousiasme pour ce qui
reste à mes yeux un mauvais traité, mais c'est un "oui" responsable
au regard de l'avenir, le "oui" porteur d'une grande ambition,
pour la grande Europe, celle qu'il va nous falloir construire
maintenant dans l'après Nice.