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Au
moment où nos esprits et nos cœurs sont tournés au-delà de nos frontières
vers une actualité grave, nous avons souhaité placer la soirée d'inauguration
de notre siège de campagne sous le signe de la solidarité. Solidarité
avec le peuple afghan pour sa libération, avec les alliés américains et
anglais mais aussi avec les forces françaises déjà engagées ou qui pourraient
l'être demain.
Ce siège de campagne marque notre volonté de passer maintenant à la vitesse
supérieure. Je me suis engagé dans cette campagne en affirmant qu'il n'était
pas question pour moi d'être là pour figurer ou pour témoigner. Les jeux
ne sont pas faits, n'en déplaise à ceux qui voudraient escamoter le premier
tour.
Je veux, dès le premier tour, offrir à l'opposition, et même au-delà,
un choix clair, fort et alternatif à celui du Président sortant.
Les événements graves que nous vivons ne peuvent que renforcer
l'exigence des choix que j'entendais depuis longtemps porter au coeur
du rendez-vous de 2002. Le choix de la sécurité intérieure et extérieure,
le choix de la prospérité et de l'emploi et la question lancinante de
ces quartiers, de ces banlieues, de cette part de la jeunesse entrée en
dissidence contre la France.
La première exigence, la sécurité extérieure d'abord. On comprend
mieux, aujourd'hui, le sens du combat qu'avec quelques uns nous menons
depuis longtemps au côté du peuple afghan, dont je souhaite pour la mémoire
du commandant Massoud qu'il puisse se libérer au plus tôt. Il ne s'agit
pas d'occuper l'Afghanistan, mais d'appuyer la libération du peuple afghan
par les Afghans. Cela rejoint le sens des combats que je n'ai cessé de
mener en faveur des Droits de l'Homme, notamment en Afrique, contre les
dictatures et la pauvreté.
La sécurité extérieure et aussi, bien sûr, la sécurité intérieure.
Méfions-nous de ceux qui affirment sur les plateaux de télévision qu'il
y aura " tolérance zéro ", que la criminalité sera réprimée et les criminels
châtiés, alors que l'on sait pertinemment, par exemple, que ni la justice
des mineurs ni le système pénitentiaire n'ont les moyens financiers et
humains d'avoir les établissements spécialisés qui permettraient de répondre
justement à la délinquance des mineurs.
Cette exigence de sécurité correspond au retour à l'Etat tel que nous
le voulons, un Etat qui laisse la liberté la plus grande à la société
civile mais exécute ses vraies missions, ses missions régaliennes, avec
la plus grande fermeté. Aujourd'hui, certains voudraient nous faire croire
qu'il s'agirait d'un retour de l'Etat. En aucun cas.
On a, bien évidemment, besoin de pompiers, de policiers, de militaires,
de juges, mais ce n'est pas une raison pour vouloir contrôler à nouveau
l'économie ou mettre les entrepreneurs en uniforme. Nous souhaitons un
retour à l'Etat et non un retour de l'Etat envahissant.
La deuxième exigence, le deuxième thème fort que je veux porter
dans ce débat, c'est celui de la prospérité. Certains me conseillaient,
il n'y a encore pas si longtemps, de ne plus parler d'économie, assurant
que les problèmes économiques étaient derrière nous. Mais nous voyons
bien aujourd'hui que la croissance est menacée et que le chômage est reparti
à la hausse ; beaucoup de Français craignent pour leur emploi, celui de
leurs enfants ou de leurs petits-enfants. Si l'on veut, demain, retrouver
le chemin d'une croissance forte, alors il faut prendre le chemin de réformes
fortes, pour libérer le travail, mieux récompenser l'initiative et l'effort,
pour encourager la constitution et la transmission d'un patrimoine familial.
Baisser les dépenses publiques, c'est une exigence et une contrepartie
; c'est la contrepartie d'une réforme de l'Etat, d'une décentralisation
audacieuse, d'une réforme de notre protection sociale. Autant de thèmes
sur lesquels nous avons de nombreuses propositions à faire aux Français.
La troisième exigence, c'est celle de la réintégration dans
la communauté française de ces cités, de ces quartiers, de cette partie
de la jeunesse française qui ne sait même plus qu'elle est Française et
qui est aujourd'hui entrée en dissidence. Cette exigence-là, je la porte
en moi depuis longtemps. Certains s'étonnaient que je m'intéresse à l'Islam,
aux problèmes de l'intégration de ces jeunes d'origine étrangère, que
je passe autant de temps dans ces quartiers difficiles. Mais ils sont,
au fond, le miroir grossissant de nos échecs.
Echec de l'école, qui fut celle de la réussite et de l'égalité
des chances, et qui est aujourd'hui celle de la relégation.
Echec de l'emploi pour tous, parce que l'on reste enfermé dans
le chômage et dans l'assistance.
Echec d'une immigration mal maîtrisée, échec de la sécurité
mal assurée, échec d'un urbanisme collectiviste et inhumain
qui fabrique des locataires pas même propriétaires de leurs logements
après avoir payé tant d'années de loyer. Ces quartiers, devenus des foyers
de cultures violentes et même, pour certains, un terreau pour les fanatismes
les plus fous, sont souvent de bien dangereux modèles pour d'autres cités.
Et si nous savons soigner le mal à la racine -l'école, l'urbanisme, l'intégration-,
nous guérirons la France de ses problèmes. Voilà pourquoi je crois que
cette question-là est plus que jamais au cur de l'actualité, portée
par les événements que nous vivons.
Comment, en effet, ne pas être meurtri, blessé par cette Marseillaise
sifflée au stade de France. L'enjeu que je porte aujourd'hui, c'est de
faire en sorte qu'à l'occasion d'événements semblables,
toute cette jeunesse, rassemblée dans le même stade, puisse chanter en
chur notre hymne national. Oui, être Français ensemble ! je veux
donner à ces jeunes envie d'être Français, envie de chanter la Marseillaise,
envie de vivre dans cette France qui donne à chacun sa chance.
C'est pourquoi j'appelle celles et ceux qui se reconnaissent dans ces
valeurs, à nous rejoindre dans cette campagne pour porter haut, très haut,
cette exigence d'une nouvelle France, une France aux couleurs de la vie,
la France que nous aimons, la France que nous avons le devoir de faire
aimer.
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