"Je comprends la colère des policiers"
Sur le terrain de la sécurité Strasbourg - Pontoise, 14-15 novembre 2001

 

Alain Madelin était à Strasbourg pour rencontrer de nombreux responsables des syndicats de la police (Alliance, Synergie, SNOP, Objectifs, SNPT et SNIPAT) et entendre la colère des forces de l'ordre. "C'est la première fois que je sens un tel ras le bol, et une telle colère chez les policiers. Ils m'ont renforcé dans mon idée de mieux protéger la fonction policière. Lorsque les policiers sont agressés, les réquisitoires et les condamnations ne sont pas à la mesure des agressions. Par ailleurs, sur le plan judiciaire, on ne doit pas traiter de la même façon la riposte d'un policier et l'agression d'un criminel."

Les forces de police et de gendarmerie "ont le sentiment d'être abandonnés par la justice". Encore faudrait-il que la justice dispose des moyens nécessaires pour remplir ses missions. "Les voyous auront peur de la police quand ils auront peur de la justice. En dix ans, les chiffres de la délinquance ont doublé, mais le nombre de places dans les prisons n'a pas bougé. La justice n'a pas les instruments pour sanctionner."

Responsabilité politique avant tout puisque depuis 1997, "l'actuel gouvernement socialiste a tout fait pour compliquer l'action de la police et ne pas faciliter l'action de la justice, confrontée à la complexité des procédures, encore aggravée par la loi Guigou".

C'est justement à Strasbourg, dans le quartier de Koenigshoffen que fin octobre, trois policiers ont été agressés avec des pierres et du gaz lacrymogène, par une quarantaine de jeunes. La délinquance juvénile est au cœur des problèmes de sécurité et c'est à Pontoise qu'Alain Madelin s'est rendu pour dialoguer avec les responsables d'une association qui aide les jeunes. Regrettant que le ministère de la Justice ne l'autorise pas à visiter le centre d'action éducative, Alain Madelin a souligné qu'il y a "des types super qui font un travail formidable à la PJJ, mais il faut revoir le système et les méthodes. Il faut comparer ce qui marche et ce qui ne marche pas. Certains foyers associatifs, qui punissent et donnent aussi une chance de nouveaux départs aux mineurs, sont très performants."

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