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Pourquoi
je soutiens Alain Madelin ?
Charles Million, article paru le dimanche 4 novembre 2001
Question
:
Vous avez donc décidé de soutenir Alain Madelin pour l'élection
présidentielle ?
Charles
Millon : Oui,
je m'engagerai à ses côtés lors de la campagne. Aujourd'hui,
les Français souhaitent un président qui défende
une vision de la France, un président capable de répondre
aux défis de son temps. Telle est, je pense, la démarche
d'Alain Madelin.
Question
:
En quoi est-il le meilleur candidat, selon vous ?
CM
: Il
défend une conception démocrate, girondine et libérale
de la France, qui parie sur la liberté et les nouvelles formes
de solidarité. Avec Madelin, on va parler des vrais problèmes,
sans se livrer à une guerre d'image : la réforme du système
éducatif, l'organisation politique et administrative de la France,
le rôle de l'Etat, la sécurité, la politique internationale
Question
: Aujourd'hui
il est crédité de 5% dans les sondages
CM :
Alain Madelin a la capacité de rassembler un courant de droite
non conformiste, une droite rebelle, qui refuse la politique du consensus.
Elle représente la moitié de l'électorat de droite,
celle qui m'a permis d'avoir 24% à Lyon aux dernières municipales.
Et puis, la campagne est encore longue.
En novembre 1994, lorsque Chirac a déclaré sa candidature,
il était crédité de 9%.
Question
: Justement,
à l'époque, vous avez soutenu Jacques Chirac. Pourquoi ce
revirement ?
CM :
Il était le candidat non conformiste à droite. Il avait
promis des réformes dans les domaines éducatif, social,
économique.. Mais rien n'a été fait.
Question
: Vous
avez été son ministre de la Défense entre 1995 et
1997. Êtes-vous déçu par son septennat ?
CM :
Pour être président, il ne suffit pas d'être sympathique,
il faut également développer un projet pour l'avenir. Chirac
s'est lui-même paralysé en tombant dans le piège terrible
de la cohabitation. En ce sens, il a renoncé au gaullisme : en
1968, avant les législatives, le général de Gaulle
disait qu'en cas de défaite, il ne "confierait jamais à
l'opposition le soin de former le gouvernement".
Question
: Comment
trouvez-vous sa gestion de la crise internationale ?
CM : Sur
le plan diplomatique, on aurait aimé voir la France à la
pointe du combat, présente aux côté
de ses alliés africains et valoriser sa politique arabe. Là
où Gerhard Schröder ou Tony Blair affirment la présence
de l'Allemagne ou de la Grande-Bretagne sur la scène internationale,
la France, elle, est étonnamment absente. Pendant ce temps, Chirac
et Jospin passent leur temps à se chamailler. Dans une telle période
de crise, la cohabitation distille tous ses poisons. C'est un anthrax
politique.
Question
: Pour
qui appelleriez-vous à voter au second tour, en cas de défaite
d'Alain Madelin ?
CM :
Durant toute ma carrière, je me suis battu contre la gauche. J'appellerai
donc à voter pour le candidat de droite.
Question
: Jean-Pierre
Chevènement est actuellement très bien placé dans
les sondages et mord sur l'électorat de droite.
CM : Comme Madelin, Chevènement
veut casser le politiquement correct. Mais au lieu de regarder l'avenir,
il se tourne vers les vieilles valeurs de la République. Il est
comme la petite madeleine de Proust, à la recherche du temps perdu
!
Question
: A
droite, il y a de nombreux candidats, notamment François Bayrou,
président de l'UDF, votre ancien parti.
CM : Quand on prétend être
le troisième homme, il faut pouvoir l'incarner ! Bayrou veut faire
le grand écart droite-gauche, mais la politique, ce n'est pas l'art
du compromis.
Question
: En
1998, lors du vote pour la présidence de la région Rhône-Alpes,
vous avez accepté les voix du Front national. Aujourd'hui, regrettez-vous
ce choix ?
CM : Non. A l'époque, la droite
ne m'a pas compris. Elle s'est trompée, comme l'ont montré
les municipales il y a quelques mois. Je préfère être
en harmonie avec les électeurs.
Question
: En
mai prochain, vous vous présenterez aux législatives à
Lyon. Y aura-t-il une alliance avec Démocratie libérale,
le parti d'Alain Madelin ?
CM : Oui, nous poursuivrons notre
collaboration après la présidentielle et il y aura des candidatures
communes avec DL. Je compte pour ma part présenter entre 150 et
200 candidats.
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