Alain Madelin avait choisi la Corse pour exposer son programme en matière de décentralisation et de réforme des institutions. "Aujourd'hui la France a besoin d'autorité et de liberté, d'unité et de diversité" a expliqué Alain Madelin dénonçant un "certain jacobinisme et parisianisme aveugles" qui ont "nourri le désir d'autonomie en Corse".
La situation actuelle est "le résultat de la politique Jospin-Chevènement". En effet, le processus de Matignon n'est qu'une tentative par laquelle "Lionel Jospin cherchait à acheter la paix électorale plutôt qu'à élaborer un bon statut pour les régions françaises". Aujourd'hui, la Corse "est rayée de son projet, à moins qu'elle ne soit renvoyée dans la rubrique DOM-TOM". Jean-Pierre Chevènement, "ministre de l'Antérieur" porte une "lourde responsabilité dans la situation corse, sur laquelle il veut acquérir une stature nationale". Certes il a démissionné, "mais pas au bon moment", il aurait "dû le faire au moment de l'assassinat du préfet Erignac ou quand les services de l'Etat ont été ridiculisés dans l'affaire des paillotes, sous le préfet Bonnet". L'appel d'Ajaccio La situation corse montre à quel point la France a besoin d'une vraie régionalisation, qui donne aux régions un vrai pouvoir normatif, une autonomie fiscale réelle et leur permette de s'administrer librement. Il ne s'agit pas de transférer le pouvoir législatif aux régions mais "de faire l'unité nationale en laissant respirer les identités régionales" avec des délégations de "pouvoirs réglementaires et de vrais pouvoirs régionaux". Voilà le fondement de ce que Alain Madelin qualifie "d'appel d'Ajaccio", clin d'il à l'appel de Quimper, en 1969, du Général De Gaulle en faveur d'un grand mouvement régionaliste. Voilà pourquoi il a promis, en cas d'élection, d'organiser un référendum sur cette question dès l'automne prochain. Une réforme essentielle Alain Madelin veut faire de cette réforme essentielle "une condition forte du pacte de rassemblement et de confiance" lors de cette élection. "Je veux que ce soit le plus grand dénominateur commun d'une opposition rassemblée pour gagner".
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