Un "Davos de l'Afrique" en septembre à Dakar
4 mars 2001


Le Sénégal organisera début septembre des "rencontres économiques pour l'Afrique", qui réuniront plusieurs centaines d'hommes d'affaires et d'intellectuels en vue de repenser le développement du continent, a annoncé samedi soir le président Abdoulaye Wade.

"Ce sera le Davos de l'Afrique", a lancé le président sénégalais devant la presse, faisant allusion au Forum économique mondial qui réunit chaque année à Davos des chefs d'entreprises, savants, dirigeants politiques et rédacteurs en chef ou éditorialistes de grands médias.

En annonçant la tenue de ces rencontres, le président sénégalais était accompagné d'Alain Madelin.

"Très content de recevoir (son) ami Alain Madelin" qui l'a soutenu dans le combat politique l'ayant mené à la présidence de la République sénégalaise, en mars 2000, M. Wade a précisé que ce "Davos de l'Afrique" était "un projet commun", à M. Madelin et à lui-même.

Selon M. Wade, ce forum réunira "300 hommes d'affaires du monde développé, francophone et anglophone" et permettra de "discuter directement avec les investisseurs".

Il faut "faire de l'Afrique un continent qui attire les investisseurs", a-t-il dit.

En janvier dernier, précisément au forum de Davos, M. Wade avait présenté son "plan Oméga" pour le développement de l'Afrique, qui constatait l'échec des méthodes appliquées jusqu'à présent et préconisait l'augmentation des investissements sur le continent plutôt que l'octroi exclusif d'une aide financière aggravant le cercle vicieux de l'endettement.

Selon M. Wade, Alain Madelin a des "idées très novatrices, des idées originales sur le secteur informel" africain, sur le "potentiel des ressources humaines non utilisées", sur la nécessité d'exploiter "la créativité" des Africains pour sortir le continent du marasme.

Arrivé jeudi soir à Dakar, M. Madelin a visité samedi matin à Dakar plusieurs ateliers, projets et réalisations de l'organisation Enda-Tiers Monde, championne de "l'économie populaire" basée sur la "récup" et la "débrouille" des Africains : bidons transformés en barbecue, liens de colis tressés en sacs ou fauteuils, boîtes à soda recyclées en attachés-case, calebasses devenues lampes, etc.

"Les dernières décennies ont été celles de la production de masse pour une consommation de masse", a analysé M. Madelin. Celles qui commencent marquent une "tendance à la déstandardisation". Dans cette époque-là, selon le dirigeant politique français, "l'Afrique a toutes ses chances". A condition que le monde développé lui donne un coup de pouce, notamment en ouvrant ses marchés aux produits africains.

Les questions posées aux "rencontres internationales de Dakar" devraient donc être : "quel partenariat entre l'Afrique et les reste du monde ? Quel type de développement ? Comment attirer des capitaux, tirer parti de cette économie populaire", a poursuivi M. Madelin.

Les intellectuels présents parleront aussi de la mondialisation, de la "fracture technologique". Il s'agira de "réflexions économiques sur la nouvelle Afrique", a-t-il précisé.

"Je crois au développement de l'Afrique, au travers de la démocratie et de la libéralisation économique", avait auparavant déclaré M. Madelin, en appelant aussi de ses vœux une "nouvelle politique de relations franco-africaines".

Il faut tirer un trait sur la "Françafrique", qui "livrait des armes aux dictateurs", a-t-il dit. "La nouvelle Afrique, elle, attend qu'on lui apporte des médicaments, de l'éducation...". Pour le reste, a-t-il espéré, les Africains "sont capables de relever le défi".

 

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