|
Le
19 mars : Une célébration de la honte
Article Alain Madelin Le Figaro, 16 janvier 2002
Non, le 19 mars ne marque pas la fin de la guerre d Algérie.
Le 19 mars 1962, en application des accords dEvian, signés
la veille, le cessez-le-feu était décrété
sur tout le territoire algérien.
Pour le Front de Libération Nationale qui menait une guerre dindépendance,
la décision fût reçue comme une victoire sur la France.
Elle est célébrée comme telle en Algérie,
chaque année, depuis 39 ans.
Et cest ce même 19 mars quune proposition de loi, soutenue
par Jacques Le Floch, secrétaire dEtat aux anciens Combattants,
et examinée aujourdhui par lAssemblée Nationale,
voudrait officialiser en « journée nationale du souvenir
et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et
militaires de la guerre dAlgérie et des combats du Maroc
et de Tunisie ».
Je voterai contre.
Je
suis tout à fait favorable -et je demande-- à ce que la
France honore les combattants et les victimes civiles et militaires de
la guerre dAlgérie.
Mais pas le 19 Mars.
Parce
que cest à partir du 19 mars que le pire a vraiment commencé
pour la communauté française dAlgérie et pour
les musulmans qui avaient choisi la France.
Parce quaprès le 19 mars, il y a eû les morts de Bab-el-oued,
ceux de la fusillade de la rue dIsly, les milliers de disparus dOran,
les suppliciés du « petit lac », les massacres de dizaines
de milliers de harkis et les exécutions de soldats du contingent.
Parce que le cessez le feu na pas fait cesser le sang.
Le 19 mars 1962 avait engendré les "marsiens" ces combattants
algériens de la dernière heure qui, pour faire pardonner
leur non-engagement aux cotés du FLN, se livrèrent à
dabominables boucheries. Ces actes de barbarie dénoncés
par la France lors du récent hommage mérité rendu
aux harkis.
Choisir la date du 19 mars pour honorer les morts dAlgérie
serait un affront à la mémoire de ceux et celles qui sont
tombés après cette date.
Ce serait une célébration de la honte.
Imprimer
|