"Pour faire bouger le sport français"
Alain Madelin le 11 avril 02

 

Je constate que le sport comme la culture en général, est absent du débat présidentiel pourtant, sans que l'on puisse dire qu'il soit au centre des préoccupations des français, c'est le thème qui alimente leurs conversations et occupe de plus en plus de place dans leur qualité de vie.
Avec mes amis René Le Goff, " M. Basket ", président de club et de ligue, Patrick Tambay, vainqueur de Grands Prix F1 et Max-Henri Boulois, ancien athlète international, journaliste, nous avons procédé à une très large consultation du milieu sportif et je peux m'engager sur un certain nombre de propositions simples dans l'esprit de mon projet pour " faire bouger la France "

Je veux garder nos champions à la maison. Pour arrêter l'hémorragie de nos talents je m'engage à rendre nos clubs plus compétitifs par des mesures fiscales, moins d'Etat et en libérant les initiatives privées. Le sport professionnel doit être accepté pour ce qu'il est, un spectacle.
Est-ce à l'Etat ou aux fédérations de négocier les droits télévisions et la radio peut-elle retransmettre gratuitement un concert de Johnny Hallyday ?
L'O.M. le P.S.G. Lens Bordeaux ou Lyon doivent être à égalité de chances avec Manchester et le Réal Madrid, cela s'inscrit dans l'évolution du sport en Europe. Les Euroligues sont pour demain, on a pu le voir en basket, nos clubs devront s'aligner et je veux leur en donner les moyens.
Non, la cotation en bourse n'est pas la panacée mais elle est inévitable dès lors que l'on favorise la liberté d'entreprendre et que sur le sujet il n'y a pas débat chez nos voisins européens. Quant aux échecs de Kirch et de Murdoch que l'on agite comme des chiffons rouges, il convient de remarquer que dans leur gestion catastrophique à coup de surenchères, les droits sportifs sont leurs seuls actifs négociables.

Est-ce que deux buts d'Anelka sur une saison valent 200 millions, la réponse est oui puisqu'il est cédé au même prix, à peu de choses près et j'ajouterais que dans ma bataille pour l'intégration, il faut faire rêver et je préfère voir les jeunes avec des maillots de Zidane que des tee-shirts de Ben Laden


L'affaire Prost est un cas d'école. On a vite fait un raccourci entre son échec et son caractère. Haro sur le baudet qui a commis 2 erreurs, s'installer en France, Cocorico ! et déménager du fief socialiste de Magny-cours vers la région parisienne. Quelle gifle pour l'image du sport automobile français vite compensée par le retour de Renault en F 1 avec siége social en Hollande et atelier de course en Grande-Bretagne, courageux mais pas téméraires !

J'ai évoqué le football et le sport professionnel qui marquent les esprits mais dans la grande réforme de l'Etat que je propose, il a des réponses aux besoins de la grande masse des pratiquants.
Cela va de l'école où ne pourra éviter l'aménagement du temps scolaire, au soutien, à la formation, et à l'accompagnement du tissu associatif.
L'organisation et les métiers du sport sont de formidables gisements d'emplois et le secteur choisit par une grande partie des millions de français qui souhaitent créer une entreprise.
Je propose des mesures fiscales pour encourager les investissements et le mécénat dans le sport, comme dans la culture d'ailleurs, tenez, une incitation toute simple, Cent euros versés à une association sportive déduits de vos impôts .
Chèque sportif, protection médicale, soutien aux associations, sécurité pour les pratiquants, dépoussiérage des structures fédérales obsolètes, meilleure utilisation des ressources humaines pour l'encadrement, revalorisation de la qualité de bénévole

Notre pays est sous-équipé. Nos infrastructures sont obsolètes. L'équipement que nous réclamons n'est pas seulement à l'usage des pros, même si, à ma connaissance, il n'y a aucune grande métropole sans une enceinte indoor modulable de 10 à 20 000 places pour le basket ou le handball. Il faut parallèlement multiplier les petites surfaces de pratique du sport dans les agglomérations comme les play-grounds de New York. Si vous habitez Paris ou Lyon intra-muros, faire un peu de sport relève du parcours du combattant.

Enfin, un aménagement à prévoir dans la mise en place du prochain gouvernement, la séparation de l'attelage Jeunesse et Sport.

Il n'y a plus d'âge pour pratiquer le sport et la jeunesse a toujours été le parent pauvre du couple alors qu'elle nécessite que l'on s'y consacre avec des moyens autrement plus conséquents que le maigre budget qu'elle partage avec le sport. L'état des lieux est accablant : Désarroi des jeunes, démission ou impuissance des parents, échecs scolaire, délinquance juvénile, drogues et violence à l'école, viols collectifs, suicide chez les ados… Tout cela occupera un ministère de la jeunesse à part entière,.

Il est certes beaucoup plus médiatique de s'en prendre à Virenque ou à Armstrong qu'aux dealers qui empoisonnent notre jeunesse mais le dopage est un problème de société et de santé publique qui est de la compétence du ministère de la Santé qui devra, en concertation avec le reste du monde et les instances sportives mondiales, définir les frontières entre les soins, indispensables à la pratique du haut niveau, et le dopage qui est un délit.

Le ministre des sports devra gérer harmonieusement la cohabitation entre le Sport professionnel et le sport de masse. Pourquoi opposer ou comparer le sport pratiqué par l'élite et celui dit " populaire " ? Les champions sont issus de cette masse qui les admire mais en devenant professionnels ils doivent automatiquement intégrer le cadre des activités du spectacle.

Oui ! Libérer l'entreprise sportive pour la rendre compétitive et arrêter l'hémorragie de nos talents s'inscrit dans mon projet pour faire bouger la France.


Alain Madelin